retour Le Martyre des Maccabées

retour oeuvres



Musique: Pietro TORRI
Livret: François PASSERAT [?]

retour traductions

les personnages

Le jeune Maccabée: haute-contre
La mère des Maccabées: soprano
Antiochus: baryton
Eléazar: basse
Menelaus: ténor
Le grand prêtre de Jupiter: basse
Premier & second Israélites: haute-contre & ténor
Premier & second Assistants: haute-contre & ténor


ACTE I

Scène 1
Eléazar, le jeune Maccabée, Choeur d'Israélites


Eléazar:
Dans quel gouffre de maux, dans quelle horrible peine,Israël, te vois-tu réduit ?
Un ennemi cruel t'accable et te poursuit:
Rien ne peut adoucir sa rigueur inhumaine;
Le sang coule partout, le temple est profané,
Les prêtres fugitifs, le peuple consterné,
Tout pleure, tout languit, et jusqu'au sanctuaire,
Ce lieu si saint, si redouté,Au pouvoir maintenant d'un vainqueur téméraire,
Gémit dans la captivité.
Dieu d'Israël, dieu de nos pères,
Arrête ton courroux, et finis nos misères.

Chœur d'Israélites:
Dieu d'Israël, dieu de nos pères,
Arrête ton courroux, et finis nos misères.

Le jeune Macchabée:
Ah ! Quel excès de maux, d'abominations !
De la sainte cité, pleurons la destinée;
Hélas ! Elle languit, esclave infortunée,
Sous le barbare joug des autres nations.

Eléazar:
Respectons, respectons la justice divine;
Nos péchés attirent son courroux.
Et si Dieu permet notre ruine,
Il ne faut en accuser que nous.

Le jeune Macchabée:
Étrange aveuglement ! Funeste idolâtrie !
Une main criminelle, en cet auguste lieu,
Vient de placer sur l'autel du vrai dieu,
De Jupiter le simulacre impie.
Mourons, ou pour venger ces profanations,
Et de l'autel, le sacré privilège,
Renversons cet idole aux yeux des nations:
C'est trop longtemps souffrir leur affreux sacrilège.
Contre ces crimes, laisse agir ton courroux.
Que ton bras, dieu vengeur, s'arme ici du tonnerre
Pour punir la rigueur qu'ils exercent sur nous,
De ces audacieux, viens délivrer la terre;
Et puisque leur fureur te déclare la guerre,
Qu'ils tombent expirants, sous l'effort de tes coups.

Chœur d'Israélites:
De ces audacieux, viens délivrer la terre;
Et puisque leur fureur te déclare la guerre,
Qu'ils tombent expirants, sous l'effort de tes coups.

Eléazar:
Loin de songer à ces vengeances,
Il faut souffrir sans murmurer,
Dieu nous ordonne d'endurer
Et les affronts, et les offenses.

Le jeune Macchabée:
Au milieu des tourments, sans espoir, sans défense,
Mes six frères déjà languissent dans les fers.
N'attendons pas qu'une injuste puissance
Ajoute d'autres maux à ceux qu'ils ont soufferts.
Courrons, volons à la vengeance.
Que les tyrans succombent sous nos coups
Et pour punir qui nous offense
Suivons les mouvements d'un trop juste courroux.

Eléazar:
Demandons à Dieu, par nos larmes,
Qu'il daigne finir nos malheurs.
Nous obtiendrons moins par les armes,
Que par la prière et les pleurs.

Chœur d'Israélites:
Demandons à Dieu, par nos larmes,
Qu'il daigne finir nos malheurs.
Nous obtiendrons moins par les armes,
Que par la prière et les pleurs.

Le jeune Macchabée:
Mais qu'aperçois-je, hélas ?
Jusque dans ce saint lieu,
L'impie Antiochus porte un pied téméraire !
Veut-il par sa présence insulter au vrai dieu ?
Y vient-il assouvir sa rage sanguinaire ?

Eléazar:
D'un impitoyable vainqueur,
N'attendons rien d'autre que de funeste.
Faisons notre devoir, sans craindre sa rigueur,
Et dieu disposera du reste.

Scène 2
Antiochus, Menelaus, Eléazar, le jeune Macchabée, Choeur d'Israélites, Suite et gardes d'Antiochus.

Menelaus:
Rien ne s'oppose plus, seigneur, à vos désirs.
Tout cède à l'effort de vos armes;
Et l'on voit régner les plaisirs,
Où régnaient autrefois le trouble et les alarmes.
Vous triomphez, , malgré sa résistance;
Et de vos plus fiers ennemis,
Vous avez abattu l'orgueil et la constance.
Ce peuple si superbe à vos lois est soumis.
Après tant de travaux guerriers,
Venez vous délasser dans les bras de la gloire.
Ah ! Qu'il est doux, à l'ombre des lauriers,
De goûter en repos les fruits de la victoire.

Antiochus:
Mon bonheur, il est vrai, surpasse mon espoir.
Mais je ne puis souffrir qu'un reste de rebelles,
Sous le voile apparent d'être à leur dieu fidèles,
Méprisent Jupiter, et bravent mon pouvoir.
Qu'on adore le dieu qui lance le tonnerre:
Faites partout fumer l'encens sur ses autels.
Il est maître du ciel, je le suis de la terre:
Offrez-nous le tribut qu'on doit aux immortels.

Le jeune Macchabée:
Ah ! Quelle barbarie !
Que d'orgueil, que d'impiété !

Antiochus:
Chacun doit suivre cette envie,
Et céder à ma volonté,
Ou s'apprêter à payer de la vie
L'excès de sa témérité.

Eléazar:
L'autorité des rois a des bornes prescrites.
Ils peuvent en tyran immoler leurs sujets,
Employer nos trésors à d'injustes projets,
Et franchir à leur gré les plus saintes limites;
Mais quel que soit l'effort d'un orgueilleux pouvoir,
Il ne s'étend point jusqu'à l'âme.
Et celui qu'un vrai zèle enflamme,
Ne trahit jamais son devoir.
On s'acquiert ici-bas une illustre mémoire
Quand on meurt en servant sa patrie et son roi;
Mais on s'assure au ciel d'une éternelle gloire,
Quand on meurt pour son dieu, pour son culte et sa loi.

Antiochus:
Es-tu si las de vivre, insensé, téméraire ?
N'excite point ma fureur contre toi.
L'encensoir à la main, songe à me satisfaire:
Ma volonté te doit servir de loi.

Eléazar:
Je n'adore qu'un dieu, c'est lui seul qui m'enflamme,
Lui seul doit recevoir nos vœux, et notre encens.
On ne me verra point, dans mes vieux ans,
Pour épargner ce corps, trahir ainsi mon âme.

Antiochus:
Tu mourras donc perfide.

Eléazar:
Oui, je mourrais content:
Vous pouvez m'immoler dans cet auguste temple.
Trop heureux, si je puis, seigneur, par mon exemple,
Raffermir dans la foi le peuple qui m'entend.

Deux Israélites:
Dans le péril qui nous menace,
Vivez, soyez nos secours.
Déjà le sang dans vos veines se glace,
Feignez du moins pour conserver vos jours.

Eléazar:
Ma vie, hélas, n'est pas si précieuse.
Que dirait-on de moi, si dans l'âge où je suis,
Accablé d'ans, de faiblesse et d'ennuis,
J'évitais par la feinte une mort glorieuse ?
Si je suivais vos conseils trop humains,
Je souillerais mon nom d'une tache trop noire:
Non, c'est Dieu qui m'anime; il y va de sa gloire:
Pour m'ébranler, tous vos efforts sont vains.

Deux Israélites:
Hélas ! Que nous sommes à plaindre !
Dissimuler un peu, n'est pas trahir sa foi.
Pour nous sauver, contraignez-vous à feindre.

Eléazar:
Cette feinte est indigne et de vous, et de moi.
Tout Israël croirait, et j'en frémis encore,
Que j'aurais lâchement abandonné les miens;
Et de la loi de dieu, que sans cesse j'adore,
Passé honteusement à celle des païens,
Il faut donner à la jeunesse
Un exemple de fermeté,
Qui puisse être un jour imité;
Et ne pas souiller ma vieillesse
Ni démentir tant de sagesse,
Par une horrible impiété.

Antiochus:
Qu'il meure !

Le jeune Macchabée:
Ah ! Juste ciel !

Antiochus:
Qu'on l'arrache du temple !
Qu'un prompt trépas réponde à sa témérité;
Et puisqu'il veut servir d'exemple,
Qu'il en soit un affreux de ma sévérité.

Eléazar:
J'avais encore si peu de temps à vivre,
Que de mes faibles jours,
Je verrai dans regret trancher le triste cours.

Le jeune Macchabée:
Le ciel m'ordonne de vous suivre.
Je crains peu de la mort les funestes horreurs:
Je marche sur vos pas. Si vous mourez, je meurs.

Eléazar:
Seigneur, dont la sainte science
Pénètre jusqu'au fond des cÅ“urs,
Fais du mien, parmi les douleurs,
Un modèle de patience.
Si mon corps affaibli souffre dans ces moments
De quelques maux la rude atteinte,
Mon âme trouvera mille et mille agréments
De les endurer pour ta crainte.

Antiochus:
Qu'on l'ôte de mes yeux !
Qu'on entraîne à la mort ce jeune audacieux.
Que ses frères, et lui, pour expier leurs crimes,
Éprouvent la rigueur des bourreaux furieux
C'est par des semblables victimes
Que l'on peut apaiser la colère des dieux.


Marche
 

Antiochus:
Mais déjà l'on s'apprête à commencer la fête
Qu'en l'honneur de Bacchus, de couronnes ornés,
Célèbrent à l'envi, nos peuples fortunés.
La troupe dans ces lieux s'avance.
Il est temps que chacun révère sa puissance.

 

Scène 3
Antiochus, Suite d'Antiochus, Choeur et troupe de sacrificateurs de Bacchus.

 

Choeur:
Chantons Bacchus et ses attraits.

Premier Assistant:
Chantons Bacchus et ses attraits.
Ah ! Que son empire a de charmes.
Exempt de soucis et d'alarmes,
On n'y respire que la paix.

Choeur:
Chantons Bacchus et ses attraits.

Deuxième Assistant:
Que Cérès et Bacchus, toujours d'intelligence,
Surpassent nos plus doux souhaits.
Qu'ils versent dans ces lieux une heureuse abondance.
Qu'ils nous comblent de leurs bienfaits.

Choeur:
Chantons Bacchus et ses attraits.
Ah ! Que son empire a de charmes.
Exempt de soucis et d'alarmes,
On n'y respire que la paix.


haut de page

ACTE III

Scène 1
La mère des Macchabées, Gardes

La mère des Macchabées:
Ô déplorable état ! Ô mère infortunée !
Ciel ! Que veut-on de moi dans le trouble où je suis ?
J'ai vu d'Eléazar trancher la destinée;
Sous le fer des bourreaux, j'ai vu tomber mes fils.
Mais cet excès de barbarie
N'offense point et mon cœur, et mes yeux,
Comme l'affreuse idolâtrie
Que je vois triompher dans ces augustes lieux.
Quand on voit sous la tyrannie
Ceux avec qui le sang nous lie,
Est-il un plus cruel malheur ?
Mais quand, d'une fureur extrême,
On voit qu'on s'attaque à dieu même,
La peine augmente, et la douleur.
Mais il me reste un fils, dont le tendre jeunesse
Est de mes tristes jours l'espérance et l'appui,
Unique et cher objet de ma juste tendresse.
Sauvons-le, s'il se peut, ou mourons avec lui.
La gloire de ce monde
Passe dans un instant:
Le vent qui trouble l'onde
N'est pas plus inconstant.
Armons-nous de courage
Pour affronter la mort:
On craint toujours l'orage,
Tant qu'on n'est point au port.

Scène 2
Antiochus, la mère des Macchabées, Gardes

Antiochus:
Pour rendre au fils aux larmes d'une mère,
Tout criminel qu'il est, je suspends mon courroux.

La mère des Macchabées:
Ah ! Seigneur, pour ce fils, j'embrasse vos genoux.

Antiochus:
Il ne tiendra qu'à lui d'apaiser ma colère.
Après ses transports furieux,
Dans le péril qui le menace,
Qu'il cède à mes désirs, qu'il fléchisse les dieux,
Et fasse ce qu'il doit pour obtenir sa grâce.
Il ose me braver: je pourrai aujourd'hui
Punir ce téméraire et me venger de lui;
Mais la pitié qui pour lui m'intéresse,
Me parle encore en sa faveur.
J'excuse les transports d'une aveugle jeunesse,
Et son âge et son sang désarment ma rigueur.
Un grand cÅ“ur sensible à la gloire,
Des outrages reçus, ne se souvient jamais.
Mais au contraire, des bienfaits,
Il conserve toujours chèrement la mémoire.

La mère des Macchabées:
Quoi ! Vous voulez, pour épargner son sang,
Après avoir versé celui de tous ses frères,
Qu'ébloui par l'éclat des titres et du rang,
Il renonce, seigneur, à la loi de ses pères ?
Dans ce desseins, n'attendez rien de moi.
Je connais trop l'ardeur de son âme fidèle;
Il n'aspire, comme eux, qu'à la gloire éternelle,
Et ne trahira point son devoir et sa foi.

Antiochus:
Pressez, priez, pleurez, tâchez à l'y résoudre:
Il n'a plus que vous pour appui:
Il est temps de songer à détourner la foudre,
Qui s'apprête à tomber sur lui.

La mère des Macchabées:
Ah ciel ! Qui connaissez le tourment que j'endure,
Soutenez mon courage en ces nouveaux combats;
Et faites qu'au péril du plus affreux trépas,
Le devoir, en ce jour, surmonte la nature.

Antiochus:
S'il refuse ma grâce après un tel effort,
Si son cÅ“ur obstiné persiste dans son crime,
Qu'il soit de sa fureur la sanglante victime;
Et sortant de ces lieux, qu'on le mène à la mort.
Pour le sauver, n'épargnez point les larmes:
Je sais quel est du sang la force et le pouvoir.

La mère des Macchabées:
Malgré mon trouble et mes larmes,
Qu'il vienne: je suis prête à remplir mon devoir.

Scène 3
La mère des Macchabées, seule

La mère des Macchabées:
Cruel amour, inutile tendresse,
Pour ce que j'aime, hélas ! Cessez de m'alarmer.
Par le secours d'une auguste sagesse,
Mon cÅ“ur, contre lui-même, est tout prêt à s'armer.
Cruel amour, inutile tendresse,
Pour ce que j'aime, hélas ! Cessez de m'alarmer.
La raison pour moi s'intéresse
Et le devoir sera vainqueur:
Mais pour surmonter ma faiblesse,
Qu'il en coûte cher à mon cÅ“ur.
Cruel amour, inutile tendresse,
Pour ce que j'aime, hélas ! Cessez de m'alarmer.

Scène 4
La mère des Macchabées, le jeune Macchabée, Gardes

La mère des Macchabées:
Hélas ! Dans la douleur amère
Qui m'accable en ce triste jour,
Prenez pitié de votre mère,
Et ne trahissez point ses vœux et son amour.
Songez avec quelle tendresse,
J'ai pris soin de vos jeunes ans.
Combien m'a-t-il coûté de peines et de temps,
Pour vous inspirer la sagesse.

Le jeune Macchabée:
Mon coeur à vos lois est soumis:
C'est de vous que je tiens le jour et la naissance.
J'ai trop d'amour et de reconnaissance
Pour oublier jamais que je suis votre fils.

La mère des Macchabées:
Que le tyran vous déclare la guerre;
Qu'il vous immole en ce saint lieu:
Versez avec plaisir tout votre sang pour dieu.
Regardez le ciel et la terre,
Ces flambeaux de la nuit, cet astre lumineux
Qui répand tant de biens dans ces climats heureux;
Ces bois, ces prés et ces fontaines,
Ces ruisseaux murmurants dans nos fertiles plaines;
Tout ce qui sous le ciel est ici renfermé:
Vous comprendrez alors, par ces précieux gages,
Et par tant de divins ouvrages,
Que dieu, par son pouvoir, de rien a tout formé.

Le jeune Macchabée:
La mort la plus cruelle
Ne saurait m'empêcher
D'être à mon dieu fidèle.
C'est à lui seulement que je veux m'attacher.
Qu'on me livre la guerre
Dans ces funestes lieux,
Les grandeurs de la terre
Ne sauraient éblouir ni mon cÅ“ur ni mes yeux.

La mère des Macchabées:
Ces grandeurs sont trop peu durables.
Qu'un bonheur plus solide excite vos souhaits.
Les honneurs ici-bas, les biens sont périssables,
Mais les trésors du ciel ne tarissent jamais.

Duo: Le jeune Macchabée, La mère des Macchabées:
Bravons le fier tyran, méprisons sa colère
Et cherchons dans la mort la fin de nos malheurs.
Versons du sang pour le dieu qu'on révère,
Si ce n'est pas assez de répandre des pleurs.

Scène 5
Antiochus, La mère des Macchabées, Le jeune Macchabées, Menelaus, Gardes, troupe d'Israélites

Antiochus:
A mes désirs, est-il prêt à se rendre ?
Et faut-il lui donner ou sa grâce ou la mort ?

Le jeune Macchabée:
Frappe, cruel, c'est trop attendre.
Tu peux, quand tu voudras, ordonner de mon sort.
Le ciel sera la récompense
D'une âme fidèle au seigneur.
Et pour un moment de souffrance,
J'espère un éternel bonheur.

Antiochus:
Puis-je encor, juste ciel ! Retenir la colère ?
Est-ce là tout le fruit des conseil d'une mère ?
Tu refuses, cruel, de te rendre à ses pleurs ?

La mère des Macchabées:
Non, non, détrompe-toi, barbare.
Nous cherchons l'un et l'autre à finir nos malheurs.
Et la mort, que pour dieu, ta rage nous prépare,
Sera, pour nous, le plus grand des bonheurs.

Antiochus:
Ah ! C'en est trop ! Et ce dernier outrage
M'inspire une juste fureur.
La pitié fait place à la rage;
Et je n'ai plus pour vous que mépris et qu'horreur.
Qu'ils aillent tous les deux, ces malheureux complices,
Après cet insolent transport,
Expier leurs forfaits au milieu des supplices.
Pour des ingrats comme eux, c'est trop nous faire effort.
Allez, sans différer, qu'on leur donne la mort.

Scène 6
Antiochus, troupe d'Israélites, gardes

Antiochus:
Non, non, ma trop juste colère,
Pour eux, ne finira jamais.
Que n'ai-je point tenté de faire
Pour les gagner à force de bienfaits ?
De tous les vices d'habitude,
Qui corrompent l'homme et le cœur,
Il n'en est point qui fasse plus horreur
Que celui de l'ingratitude.
Qu'on m'accuse de cruauté,
Que le peuple alarmé tremble, pleure, gémisse,
Il faut, par un juste supplice,
Mettre mon trône en sûreté.
Ôtons-leur à la fois les moyens et l'envie
De répandre du sang pour défendre leurs lois:
Ils pourraient attenter jusqu'à ma propre vie.
Qui ne craint point les dieux, respecte peu les lois.

Scène 7
Antiochus, Menelaus, troupe d'Israélites, Gardes

Menelaus:
Le sang du fils et de la mère
A lavé votre offense et satisfait les dieux.

Antiochus:
Pour assouvir notre colère,
Allons repaître nos yeux.

Choeur d'Israélites:
Célébrons du vrai dieu la gloire;
Son saint nom est partout vainqueur.
Des saints martyrs conservons la mémoire.
La vérité par eux triomphe de l'erreur
Et vient de remporter une illustre victoire.


haut de page

FIN DE L'ORATORIO

retour Le Martyre des Maccabées

retour oeuvres