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HWV 47

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GEORGE FREDERICK HAENDEL


traduction du livret 



PARTE PRIMA

PREMIERE PARTIE


SCENE  I


Sonata

Sonate


Angelo:
Disserratevi, o porte d'Averno,
e al bel lume d'un Nume ch'è eterno
Tutto in lampi si sciolga l'orror !
Cedete, orride porte,
Cedete al Re di Gloria,
Che della sua vittoria
Voi siete il primo onor !
Disserratevi ...

Ange:
Ouvre-vous, portes de l'Averne,
et qu'à la radieuse lumière d'un Dieu éternel
se dissipe toute horreur en un éclair !
Cédez, portes terrifiantes,
Cédez au Roi de gloire,
vous qui de sa victoire
êtes les premiers lauriers.
Ouvrez-vous ...


Lucifero:
Qual' insolita luce
Squarcia la bende alla tartarea notte ?
Qual' eco non più udita
Con armonia gradita
Fa intorno risonar le stiegie grotte ?
Se non del mio valore
Gli applausi, giusti sono !
Oggi, che vincitore,
Cittadini d'Abisso, a voi ritorno;
E già mi vendicai con fiero sdegno
Chi perder già mi fe' de' cieli il Regno !

Lucifer:
Quelle lumière insolite
déchire les bandeaux de la nuit du Tartare ?
Quel écho jamais entendu
fait résonner d'une suave harmonie
le pourtour des antres du Styx !
Si de mon mérite c'est la louange,
elle m'est due !
Car aujourd'hui, je vous reviens,
citoyens de l'abîme - vainqueur !
m'étant vengé avec un fier dédain
de celui qui me refusa le Royaume des cieux !

Caddi, è ver, ma nel cadere
Non perdei forza né ardire,
Per scacciarmi dalle sfere
Se più forte allor fu Dio,
Or fatt' uomo, al furor mio
Pur ceduto ha non morire.
Caddi ...

J'ai chu, il est vrai, mais de ma chute
je n'ai perdu ni force ni ardeur.
Si Dieu, quand il m'a banni des sphères,
était alors le plus fort,
homme maintenant, en mourant,
il a succombé à ma fureur.
J'ai chu ...

Ma che veggio ? di spirti a me nemici
Come un si folto stuolo,
Per quest' aure annegriti
Da' miei respiri, osa portare il volo ?

Mais que vois-je ? Comment un essaim si dense
d'esprits qui me sont ennemis
osent-ils porter leur vol
dans ces vapeurs noircies par mon souffle ?


Angelo:
De' tenebrosi chiostri
Tacete, orridi mostri !
Dileguatevi, o larve ! ombre, sparite !
E dell' eterno Re le leggi udite.

Ange:
Silence ! Monstres horribles
des cloîtres ténébreux.
Dissipez-vous, ombres ! Disparaissez, spectres !
Et du Roi éternel écoutrez les décrets.


Lucifero:
Chi sei ? Chi è questo re,
che dove io regno a penetrar
s'avanza ?

Lucifer:
Qui es-tu ? Quel est ce roi
qui s'avance et pénètre
là où je règne ?

Angelo:
E Re di Gloria, è Re possente e forte,
Cui resister non puo la tua possanza.

Ange:
C'est le Roi de gloire, le Roi puissanr et fort.
Il n'est pas en ton pouvoir de lui résister.

Lucifero:
Se parti di chi penso,
Pur oggi a morte spinto,
Negar non puo ch'il mio poter l'ha vinto.

Lucifer:
Si tu parles de celui qui occupe ma pensée,
qui aujourd'hui même fut mis à mort,
il ne peut nier que mon pouvoir l'a vaincu.


Angelo:
Come cieco t'inganni, e non t'avvedi
Che se mori chi è della vita autore.

Non fu per opra tua, ma sol d'amore.

D'Amor fu configlio
Che al Padre nel Figlio
L'offensa pago,
Per rendere all'uomo
La vita ch'un pomo
gustato involo.

Ange:
Aveugle qui se dupe, n'as-tu pas compris
que si l'auteur de la vie est mort,

ce ne fut pas ton oeuvre, mais celle de l'amour.

Le conseil de l'amour a voulu
que le prix du péché
soit payé au Père par le Fils
pour rendre à l'homme
la vie qu'une pomme
goutée enleva.


Lucifero:
E ben, questo tuo Nume
Dell'uomo innamorato
E che per lui svenato
Oggi volle morir, che più presume ?
L'omaggio a me dovuto,
Se a rendermi qua giù muove le piante,
Venga. Ma se pretende...

Lucifer:
Eh bien, ce Dieu
épris de l'homme
et qui, par lui saigné à blanc,
voulut mourir aujourd'hui, que prétend-il ?
S'il dirige ici ses pas
pour me rendre l'hommage qui m'est dû,
qu'il vienne ! Mais s'il prétend...


Angelo:
Taci, che or lo vedrai,
mostro arrogante !
Vedrai come delusa
Da lui fugge la Morte;
Vedrai come confusa
Lo rimira la Colpa;
Vedrai come atterrita
Si nasconde la Pena;
Vedrai come tu stesso
Tremarai genuflesso al suo gran Nome.

Ange:
Tais-toi ! Car tu le verras bientôt,
monstre arrogant !
Tu verras comment la Mort,
trompée, le fuit.
Tu verras comment la Faute,
vaincue, le contemple.
Tu verras comment la Peine,
terrorisée, se cache.
Tu verras comment toi-même
tremblant à son nom fléchis le genou.


Lucifero:
Io tremante ! Io si vile ! E quando ? e come ?

Sconvolgero gl'abissi,
Dal suo centro commossa
Dissipero la terra,
All'aria coi repiri,
Al fuoco coi sospiri,
Con gli aneliti al Ciel muovero guerra !

O voi, dell' Erebo
Potenze orribili,
Su, meco armatevi
D'ira e valor !
E dell' Eumenidi
Gli angui terribili,
Con fieri sibili
Ai cieli mostrino
Ch'hanno i suoi fulmini
Gli Abissi ancor !

Lucifer:
Moi, trembler ? Moi, m'abaisser ? Et quand, et comment ?

Je bouleverserai les abîmes,
j'arracherai la terre de son axe
et l'éparpillerai,
je porterai la guerre
à l'air d'un souffle,
au feu d'un soupir, au ciel d'une haleine !

O vous, puissances redoutables
de l'Erèbe,
accourez, armez-vous comme moi
de fureur et de vaillance !
Et que les serpents terribles
des Euménides
sifflent férocement,
montrant au ciel
que l'enfer
a toujours ses foudres !


partition autographe de l'air ci-dessus:
Lucifero: O voi, dell' Erebo


SCENE  II

Maddalena:
Notte, notte funesta,
Che del divino Sole
Con tenetre di duol piangi l'occaso,
Lascia, lascia cje pianga anch'io
E con sopor tiranno
Al giusto dolor mio,
Deh, non turbar l'affano !

Ferma l'ali, e sui miei lumi
Non volar, o sonno ingrato !
Se presumi, se presumi
Asciugarne il mesto pianto,
Lascia pria che piangan tanto
Quanto sangue ha sparso in fiumi
Il mio Dio per me svenato.
Ferma l'ali ...

Marie Madeleine:
O nuit, nuit funeste
qui pleure le départ du divin Soleil
dans les ténèbres de la douleur,
laisse, laisse-moi pleurer aussi
et que la tyrannie sommeil
ne vienne pas,
ah, me distraire de ma douleur.

Replie tes ailes et sur mes yeux
ne vole pas, insensible sommeil !
Si tu prétends, si tu prétends
sécher mes tristes larmes,
laisse-moi d'abord en verser autant
que répandit de torrents de sang
mon Dieu saigné à blanc pour moi.
Replie tes ailes ...


Cleofe:
Concedi, o Maddalena,
Qualche tregua al martire,
Che un continuo languire
Puo con la vita anche scemar la pena;
E per un Dio ch'è morto
Cosi giusto è'l dolore
Che non convien di renderlo più corto.

Maddalena:
Cleofe, invano al riposo
Tu mi consigli, ed al mio core amante
Sarebbe più penoso ogni momento
Che potesse restar senza tormento.

Marie Cléophas:
Accorde, ô Marie,
quelque répit à ta douleur,
car une langueure incessante,
rique, en terminant ta vie,
de terminer aussi ta peine.
Et si juste est la douleur
pour un Dieu mort, qu'il ne convient pas de l'écouter.

Marie Madeleine:
Marie, en vain tu invites
ma douleur à faire trève; à mon coeur aimant
un moment de repos
serait encore plus pénible.


Cleofe:
Se il tuo giusto cordoglio
Sol di pene ha desio,
Trattenerlo non voglio
Ma solo unire al tuo l'affanno mio.

Piangete, si, piangete,
Dolenti mie pupille,
E con amare stille
Al morto mio Signor
Tributo di dolor
Meste rendete !
Piangete, si, piangete,
Che mentr' egli spartea
Tutto il suo sangue in corce,
Morendo sol dicea
Di pianto: Ho sete.
Piangete, si, piangete...

Marie Cléophas:
Si ta juste douleur
ne désire que souffrir
je ne chercherais pas à l'en empêcher
mais seulement m'unir à elle.

Pleurez, oui, pleurez
mes tristes yeux
et en gouttes amères
rendez à mon Seigneur défunt
l'hommage
de la douleur.
Pleurez, oui, pleurez,
car tandis qu'il versait
tout son sang sur la croix
sur le point de mourir il a seulement dit
en pleurant: J'ai soif.
Pleurez, oui, pleurez...


Maddalena:
Ahi, dolce mio Signore,
Le tue vene gia vuote
Chiedan di poco umore
Momentaneo ristoro,
E il barbaro Isdraele
Bevanda sol di fiele
Ti poso: io lo rammento, e pur non moro ?

Cleofe:
Ahi, popolo crudele, popolo ingrato !
Chi per te già disciolse
Duri macigni in liquidi torrenti
Di purissimi argenti,
Poche stille ti chiede;
Tu gli dai mercede
Un si amaro liquore;
E in rammentarlo non si spezza il core ?

Marie Madeleine:
Ah, mon doux Seigneur,
tes veines qui se vidaient
réclamaient d'un peu d'eau
un instant de réconfort.
Mais le cruel Israèl te donna
seulement du fiel à boire.
Je m'en souviens et ne meurs pas ?

Marie Cléophas:
Ah, peuple dur et cruel !
Lui qui liquéfia
des rocs solides en torrents
d'argent très pur,
il te demandait peu.
Tu le remercias
d'une eau très amère;
ce souvenir ne brise-t-il pas le coeur ?


Maddalena:
O crude rimembranze !

Cleofe:
O funeste memorie !...

Maddalena:
... tormentatemi pur ! ...

Cleofe:
... si, si, seguite
Ad accrescermi il duol, ...

Maddalena:
... Che nel tormento, ...

Cleofe:
... che nell' angoscia ria, ...

Maddalena:
... Io godo ancor, ...

Cleofe:
... sollievo ancora io sento.

Maddalena:
Se col pensiero afflitto
Vo lusingando almeno
Il mio desire, e parmi aver nel seno
Qualche martir del mio Gesù trafitto.

Cleofe:
Se nell' afflitta mente
Ho il mio Gesù presente,
E benché esangue ed impiagato, parmi
Che basti il volto suo per consolarmi.

Maddalena:
Dolci chiodi, amate spine,
Da quei piedi e da quel crine
Deh, passate nel mio sen.
Dolci chiodi...


Cleofe:
Cara effligie addolorata,
Benché pallida e piagata,
Sei mia vita, sei mio ben.


Maddalena:
Dolci chiodi, amate spine !

Cleofe:
Cara effigie addolorata, ...

Maddalena:
Car effligie...

Cleofe:
... benché pallida...

Marie Madeleine:
O cruelle pensée !

Marie Cléophas:
O funeste souvenir ! ...

Marie Madeleine:
... venez me torturer !

Marie Cléophas:
... oui, oui, continuez
à augmenter ma douleur ...

Marie Madeleine:
... afin que dans le tourment ...

Marie Cléophas:
... afin que dans la cruauté de l'angoisse ...

Marie Madeleine:
... je puisse connaître encore la joie ...

Marie Cléophas:
... je puisse goûter encore le soulagement ...

Marie Madeleine:
... si par l'afflication de ma pensée
je flatte du moins mon désir
en ressentant dans mon sein
quelque chose du martyre de mon Jésus transpercé.

Marie Cléophas:
... si par l'affliction de mon esprit
mon Jésus m'est toujours présent,
sa face, toute exsangue et meurtrie,
suffit à me consoler.

Marie Madeleine:
Doux clous, épines aimées
de ces pieds, de cette tête,
ah, entrez dans mon coeur.
Doux clous ...


Marie Cléophas:
Chère et douloureuse image,
toute pâle et blessée,
tu es ma Vie, mon Amour.


Marie Madeleine:
Doux clous, épines aimées !

Marie Cléophas:
Chère et douloureuse image ...

Marie Madeleine:
Chère image ...

Marie Cléophas:
... toute pâle...


S. Giovanni:
O Cleofe, o Maddalena,
Del mio Divin Maestro amanti amate,

O quant' invidio, quanto,
Quelle che ora versate
Stille di puro amor più che di pianto;
Spero presto vederle
Per coronare il mio Signor risorto,
Da rugiade di duol cangiarsi in perle.

Maddalena:
Giovanni, tu che fosti
Del mio Gesù discepolo diletto,
E degl' arcani suoi
Segretario fedel, solo tu puoi
Di speme più tranquilla
Ravvivar nel mio sen qualche scintilla.

Jean:
O femmes !
De mon divin Maître les amantes aimées !

Oh, combien j'envie
les pleurs que vous versez,
gouttes de pur amour plutôt que larmes.
J'espère bientôt voir
leur triste rosée se changer en perles
pour couronner mon Seigneur ressucité.

Marie Madeleine:
Jean, toi qui fus
de mon Jésus disciple très cher
et de ses confidences
dépositaire fidèle, toi seul peux
ravivier dans mon coeur quelque étincelle
d'un espoir plus calme.


S. Giovanni:
Già la seconda notte
Da ch'egli estinto giacque,
Col carro suo di tenebroso gelo
Tutta varco la sommita del cielo
E del Gange su l'acque
Attende già la risvegliata aurora
Del nuovo sole il lucido ritorno;
Ma il nostro Sole ancora
A noi tornar promise il terzo giorno.
Consoli dunque il vostro cor che geme
Una si bella e si vicina speme.

Quando è parto dell'affetto,
Il dolore in nobil petto
Non estingue la costanza.
Quando è figlia della fede
Mai non cede
Al timore la speranza.
Quando è parto ...

Jean:
Déjà la seconde nuit,
depuis qu'il gît mort,
a parcouru toute la voûte céleste
dans la glace ténébreuse de son char.
Et déjà sur les eaux du Gange
l'aurore réveillée s'apprête
au clair retour du soleil nouveau.
Mais notre Soleil aussi
a promis de nous revenir le troisième jour.
Que votre coeur qui gémit se console donc
d'une espérance si belle et si proche.

Quand elle est née de l'amour,
la constance dans un coeur noble
ne meurt pas de douleur.
Quand elle est fille de la foi,
l'espérance jamais
ne cède à la peur.
Quand elle est née ...


Cleofe:
Ma dimmi, e sarà vero
Che risorga Gesù ?

S. Giovanni:
S'egli l'ha detto,
Chi mai di menzognero
Oserà d'arguir labbro divino ?

Maddalena:
Su, dunque andiamo, e pria ch'il mattutino
Raggio dell'orizzonte il lembo indori,

Andiam non osservate al sacro avello,
Che almen potremmo in quello
Con balsami ed odori
Unger la fredda esanimata salma
Di chi fu già di noi la Vita e l'Alma.

Marie Cléophas:
Mais, dis-moi, est-ce vrai
que Jésus reviendra ?

Jean:
S'il l'a dit,
qui osera traiter de menteuses
les lèvres divines ?

Marie Madeleine:
Allons, marchons, et avant que le rayon matinal
ne dore la ligne de l'horizon.

rendons-nous au saint tombeau,
pour que nous puissions au moins
y oindre de baumes et de parfums
la dépouille froide et inanimée
de celui qui fut notre vie et notre âme.


Cleofe:
Pronta a seguirti io sono;
Ma speranza meglior mi rende ardita,
E di Giovanni ai detti
Spero viva trovar la nostra Vita.

Naufragando va per l'onde,
Debol legno, e si confonde
Nel periglio anche il nocchier.
Ma se vede poi le sponde
Ma conforta nuova speme,
E del vento più non teme
Né del mar l' impeto fier.
Naufragando va ...

Marie Cléophas:
Je suis prête à te suivre;
mon espérance meilleure me rend audacieuse,
et j'ose, en écoutant Jean,
espérer trouver vivante notre Vie.

La barque débile erre sur l'onde;
prête à sombrer, elle est perdue
comme l'est dans le péril son nocher.
Mais s'il voit la terre ferme,
un nouvel espoir lui vient,
et il ne craint plus la fureur
du vent ni des flots.
La barque débile ...


S. Giovanni:
Itene pure, o fide
Amiche donne, al destinato loco,
Ch'ivi forse potrete
Del vostro bel desio trovar le mete,
Mentr'io torno a colei che già per Madre
Mi diè nell'ultim'ore
Del suo penoso agone il mio Signore.

Maddalena:
A lei ben opportuno
Il tuo soccorso fia,
Che in cosi duro scempio
Qual sia la pena sua so per la mia.

Jean:
Allez donc, ô femmes amies
et fidèles, au lieu destiné.
Peut-être y trouverez-vous
votre beau désir réalisé.
Moi, je m'en retourne vers celle que mon Seigneur
à l'heure ultime de son agonie
me donna pour Mère.

Marie Madeleine:
A l'heure actuelle elle a besoin
de tout ton réconfort;
car je sens par ma douleur
quelle doit être la sienne en cette cruelle épreuve.


S. Giovanni:
Ben d'ogn'altro più grande
Fu il dolor di tal Madre
Di tal Figlio alla morte;
Ma d'ogn'altro più forte
Ebbe in soffrirlo il petto; ed or costante
E ferma più d'ogn'altra ha la speranza
Di vederlo risorto; e se l'ottiene
La gioia allor compenserà le pene.

Cosi la tortorella
Talor piange e si lagna,
Perchè la sua compagna
Vede, ch'augel feroce
Dal nido gli rubo.
Ma poi, libera e bella
Si ritornar la sente,
Compensa in lieta voce
Quel gemito dolente
Che mesta già formo.
Cosi la tortorella ...

Jean:
Bien plus grande que toute autre
fut la douleur d'un telle Mère
de la mort de son Fils.
Mais bien plus fort que tout autre
fut le coeur qui la supporta. Et désormais
bien plus ferme et constante
est son espérance de la résurrection.
Si elle l'obtient, la joie alors compensera la peine.

Ainsi la tourterelle
se plaint et se lamente
parce qu'elle voit sa compagne
ravie du nid
par un oiseau féroce.
Mais quand elle l'entend
revenir, libre et joyeuse
sa voix joyeuse
compense la plainte
que sa tristesse exhala.
Ainsi la tourterelle ...


Maddalena:
Se Maria dunque spera,
E spera ancor Giovanni,
Anch'io dar voglio con si giusta speme
Qualche tregua agli affani;
Ma pure chi ben ama sempre teme,
E nell'amante mio misero core,
Benché speranza regni,
Bandir non puo il timore.
Or degli opposti affetti
A chi debba dar fede
Vedro volgendo il piede
All'adorato speco,
Tomba del mio Gesù; vada Giovanni
A consolar Maria; Cleofe, sia meco.

Ho un non so che nel cor,
Che in vece di dolor,
Gioia mi chiede.
Ma il core, uso a temer
Le voci del piacer,
O non intende ancor,
O inganno di pensier
Forse le crede.
Ho un non so che nel cor ...

Marie Madeleine:
Si Marie donc espère
et Jean espère aussi,
moi aussi je veux d'une si juste espérance
donner trève à ma douleur.
Mais qui aime craint toujours
et dans mon pauvre coeur adorant
l'espoir règne sans bannir la peur.
Auquel de ces sentiments contraires
devrais-je me fier ?
Je le verrai en dirigeant mes pas
vers la grotte sacrée,
tombe de mon Jésus.
Tu iras, Jean, consoler Marie.
Et toi, Marie Cléophas, viens avec moi.

J'ignore ce qui dans mon coeur
m'invite à cesser de pleurer
et m'emplit de joie.
Mais, ce coeur habitué à fuir
les appels du plaisir,
ne comprend pas encore
ou se croit
abusé peut-être.
J'ignore ce qui dans mon coeur ...



SCENE  III

Angelo:
Uscite pure, uscite
Dall'oscura prigione,
Ove si lunga ed orrida stagione
Questo giorno attendeste, anime belle !
A vagheggiare, a cposseder le stelle !
Di quel Signor che ha vinto
Per voi la Morte e'l contumace Averno,
Il trionfo seguite.
E voi primi venite,
O primi padri delle umane genti,
Né s'odan più lamenti
Del vostro antico errore,
Or ch'ebbe in sorte un tanto Redentore.
Seguano gl'altri poi,
E per l'orme di luce
Che del divino Duce
Il glorioso piè stampa nell'ombre,
Da questo centro squallido e profondo
Sorgan con lui sovra l'aperto mondo.
Ma con eco festivo
Replichi prima il lor devoto labbro;

Ange:
Sortez, sortez
de la prison obscure
où si longtemps, si cruellement
vous attendiez ce jour, ô âmes généreuses !
Pour contempler et posséder les étoiles !
De ce Seigneur qui vainquit
pour vous la mort et l'enfer rebelle
suivez le triomphe.
Ouvrez le chemin,
ô premiers pères de l'espèce humaine.
Que cessent les plaintes
sur votre antique faute,
maintenant que vous avez un tel Rédempteur.
Que les autres suivent
et que sur les traces radieuses
imprimées dans les ténèbres
par le glorieux pid du divin guide,
qu'ils s'élèvent de cette détestable abîme
au-dessus du monde libéré.
Mais d'abord qu'en un écho joyeux
leurs lèvres dévotes répètent:


Angelo:
Il Nume vincitor
trionfi, regni e viva !


Coro di Angeli:
Il Nume vincitor,
trionfi, regni e viva,
un Dio vincitor !


Angelo:
Viva e trionfi quel Dio cosi grande
Che i cieli spande,
Che al sol dà splendor.


Coro di Angeli:
Viva e trionfi ...
Per cui Cocito
Geme atterrito,
Da cui fu vinta la Morte ancor.


Angelo:
Il Nume vincitor ...

Ange:
Que le Dieu vainqueur
triomphe, règne et vive à jamais !

Choeur des anges:
Que le Dieu vainqueur
triomphe, règne et vive à jamais,
un Dieu vainqueur !

Ange:
Qu'il vive et triomphe, ce Dieu si grand
qui ouvrit les cieux
et donna au soleil son éclat !


Choeur des anges:
Qu'il vive et triomphe ...
... lui devant lequel le Cocyte
gémit, confondu;
lui par qui fut vainque la mort.

Ange:
Que le Dieu vainqueur ...


Fine della prima parte
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Richard Tassel [1580 - 1660] : La Résurrection



PARTE SECONDA

SECONDE PARTIE


SCENE  I

S. Giovanni:
Di qua nuovi portenti
ha la terra oggi ancora il sen fecondo ?
Piansero gli elementi
del lor Fabbro immortal la morte fiera,
e d'un giorno che spera
di vederlo risorto,
con gl'istessi tremori
par ch'il suolo paventi i primi albori.
Ma forse dell'Inferno,
che del Dio vincitor l'asta percosse,
gli ultimi sforzi son, l'ultime scosse.

Jean:
Quels nouveaux miracles
la terre aujourd'hui s'apprête-t-elle à enfanter ?
Toute la nature pleura
la sauvage mort de son immortel Créateur.
Il semble qu'avec les mêmes tremblements
la terre s'épouvante
des premières lueurs d'un jour qui espère
être l'aurore de son retour.
Mais peut-être est-ce le dernier effort,
l'ultime sursaut de l'Enfer,
frappé par la lance du Dieu vainqueur.

Ecco il sol, ch'esce dal mare,
e più chiaro che non suole
smalta i prati, i colli
indora.
Ma chi sa che di quel Sole,
ch'oggi in vita ha da tornare,
questo sol non sia l'aurora.

Voici le soleil qui monte de la mer
plus clair qu'à l'accoutumé
émaillant les près et
dorant les collines.
Mais qui sait s'il n'est pas l'aurore
de ce Soleilo qui aujourd'hui
doit revenir vivant ?

Ma ove Maria dimora
se ho già vicino il piede,
spero veder ben presto
cangiata la speranza in certa fede,
e senz' alcun periglio
lieta la Madre e glorioso il Figlio.

Mais puisque me voici arrivé
près de la demeure de Marie,
j'espère voir bientôt
l'espérance changée dans la certitude de la foi
et, sans péril aucun,
la Mère heureuse et le Fils glorieux.



SCENE  II

Angelo:
Risorga il mondo,
lieto e giocondo,
col suor Signor !
Il Ciel festeggi,
il suol verdeggi,
scherzino, ridano
l'aure con l'onde,
l'erbe coi fior.


Di rabbia indarmo freme
coi mostri suoi l'incatenato Averno:
l'Odio, che oppresso geme,
la Crudeltà, che piange,
l'Invidia, che sospira,
l'Empietà, che delira,
l'Iniquità tremante,
il Furor vacillante,
sbighottita la Frode,
derisio il Tradimento,
vilipeso l'Orgoglio,
del mio Signor risorto
saran carro al trionfo e base al soglio.

Ange:
Que le monde se lève,
joyeux, heureux,
avec son Seigneur.
Que le ciel soit en liesse,
que la terre verdoie,
que jouent et rient
les brises avec l'onde,
les herbes avec la fleur.


En vain tremble de rage
l'enfer enchaîné avec ses monstres.
La haine qui gémit dans l'oppression,
la cruauté qui pleure,
l'envie qui soupire,
l'impiété qui délire,
la colère chancelante,
désemparée la fraude,
raillée la trahison, bafouée l'orgueil,
tous de mon Seigneur ressuscité
seront char pour son triomphe,
piédestal pour
son trône.


Lucifero:
Misero ! ho pure udito ?
E in van per vendicarmi
contro forza maggiore impugno l'armi ?

Lucifer:
Malheureux que je suis ! Qu'ai-je entendu ?
Est-ce en vain que je cherche à m'armer
pour me venger d'une puissance supérieure ?

Angelo:
Si, si, contrasti in van; torn a Cocito !

Ange:
Oui, oui, en vain tu combats; retourne au Cocyte.

Lucifero:
Perch' al Ciel pria non torna
il tuo risorto Nume ?

Lucifer:
Pourquoi ton Dieu ressuscité
ne retourne-t-il pas d'abord au ciel ?

Angelo:
Perché pria vuole in terra
far della gloria sua noto il mistero.

Ange:
Parce qu'il veut d'abord à la terre
manifester sa gloire.


Lucifero:
Noti gli oltraggi miei ? No, non fia vero !

Per celare il nuovo scorno,
le sue faci ancora al giorno
con un soffio io smorzero.
E con tenebre nocenti
delle inferme umane menti
ogn'idea confondero.

Lucifer:
Manifester ma honte ? Non, jamais !

Pour cacher ce nouvel affront,
j'éteindrai aujourd'hui
d'un souffle ses flambeaux.
Et avec de nuisibles ténèbres,
je confondrai toutes les idées
de l'infirme pensée humaine.


Angelo:
O come cieco il tuo furor delira !
Mira, folle, deh mira
le donne pie che all'incavato sasso,
sepolcro già delle divine membra,
muovon veloce il passo !
A loro il Ciel commanda
ch'io l'arcano riveli,
ond'esse in publicarlo
a gli altri poi ne sian trombe fedeli.

Ange:
Oh, qu'elle est aveugle ta délirante fureur !
Regarde, insensé, ah, regarde
les saintes femmes qui déjà
pressent le pas vers le roc creusé
où reposent les membres divins.
Le Ciel commande
que je leur révèle le secret
pour que, messagères fidèles,
elles le transmettent aux autres.


Lucifero:
Impedirlo sapro...

Angelo:
Duro, duro è il cimento...

Lucifero:
Impedirlo io sapro !
Ho ardir che basta.


Angelo:
... duro è il cimento;
lo dirà l'evento.

Lucifer:
Je saura l'empêcher...

Ange:
Difficile...

Lucifer:
Je saurai l'empêcher;
j'ai l'audace qu'il faut.


Ange:
... à faire,
la suite le dira.



SCENE  III

Maddalena:
Amica, troppo tardo
fu il nostro piè;
già il sol su l'etra ascende.

Marie Madeleine:
Amie, trop lents
furent nos pas;
déjà dans l'éther monte le soleil.

Cleofe:
Fur il cor troppo codardo,
che della terra agl' improvvisi moti
Fe'i nostri passi rimanere immoti.

Marie Cléophas:
Trop craintif fut notre coeur
quand mystérieusement s'ébranla la terre
rivant nos pas au sol.

Maddalena:
Or chi sa se potremo
ricercar nella tomba il mio Tesoro.

Marie Madeleine:
Qui sait qi nous trouverons désormais
mon trésor dans la tombe ?

Cleofe:
Se son desti i custodi, io ben ne temo.

Marie Cléophas:
Si les gardes sont réveillés, j'ai bien peur.


Maddalena:
Io temo ancor, ma più il mio
Nume adore.

Per me già di morire
non pavento Gesù, no, no.
Egli mi dà l'ardire,
per lui nulla pavento,
né morte, né tormento:
quando ho Gesù nel cor, non temo più.

Marie Madeleine:
J'ai peur aussi, mais j'adore davantage
mon Seigneur.

De mourir pour moi
Jésus n'a pas craint, non, non
il me donne courage.
Pour lui je ne crains rien,
ni mort, ni tourments.
Quand Jésus est dans mon coeur, je ne crains plus.


Lucifero:
Ahi, abborrito nome !
Ahi, come rendi, come,
ogni mio sforzo imbelle !
Ahi, che vinto e confuso,
atterrito e deluso,
fuggo il Ciel, fuggo il suol,
fuggo il mondo,
e del più cupo abisso
torno a precipitar nel sen profondo !

Lucifer:
Ah, mon abhorré !
Ah, comme il me dépouille
de toute ma force !
Hélas, vaincu, éperdu,
confondu, égaré,
je fuis le ciel, la terre,
le monde
et dans le sein profond du plus noir abîme
je retourne m'engloutir !



SCENE  IV

Cleofe:
Vedo il Ciel che più sereno
si fa intorno e più risplende.
E di speme nel mio seno
più bel raggio ancor s'accende.

Marie Cléophas:
Je vois le ciel qui se fait tout entier
plus serein et plus rsplendissant.
Et dans mon sein s'enflamme
un rayon d'espoir plus éblouissant encore !

Maddalena:
Cleofe, siam giunte al luogo
ove tomba funesta
dell'amato Signor copri la salma.

Marie Madeleine:
Marie Cléophas, nous sommes arrivés
au lieu où la funeste tombe
cacha la dépouille de mon doux Seigneur.

Cleofe:
Parmi veder, si, si, vedo ben certo
che è già l'avello aperto,
e su la destra sponda
siede con bianca stola
un giovane vestito.

Marie Cléophas:
Il me semble voir, oui, bien clairement
le tombeau ouvert
et à sa droite assis,
revêtu d'une robe blanche,
un jeune homme.

Maddalena:
O quale spira
grazia dal volto suo, che mi consola !
Appressiamoci a lui, che già ne mira.

Marie Madeleine:
Ah, que son visage
respire de grâce consolante !
Approchons-nous de lui, car il nous regarde.


Angelo:
Donne, voi ricercate
di Gesù Nazareno
ove giacque già morto;
ora non è piu qui, ma è già risorto !
Al vostro puro affetto
giust'è che diano i Cieli
cosi bella mercede
e un tal mistero a voi prima si sveli,
per farvi araldi poi della sua fede.
Gitene dunque a publicarlo, e sia
premio del vostro pianto
della gioia commune il primo vanto.

Se per colpa di donna infelice
all'uomo nel seno
il crudo veleno la morte sgorgo,
dian le donne la nuova felice
che chi vinse la morte, già morto,
poi risorto, la vita avvivo.

Ange:
Femmes, vous cherchez
le lieu où Jésus le Nazaréen
gît mort ?
Il n'est point ici, il est ressuscité.
Il est juste que le ciel ait donné
à votre pure tendresse
la récompense si belle
de recevoir la première révélation d'un tel mystère
et d'annoncer ensuite son message de foi.
Allez donc le dire, car vos larmes
vous ont mérité le bonheur
de proclamer la joie au monde.

Si la faute d'une femme infortunée
fit couler à flots dans le sein de l'homme
le cruel poison de la mort,
que les femmes donc annoncent
la bonne nouvelle de celui qui, étant mort, vit
et ayant vaincu la mort, donna vie à la vie.


Maddalena:
Mio Gesù, mio Signor,
già che risorto sei,
perché, perchè t' ascondi agl'occhi miei ?
Puo ben la fede, è vero,
far che la mente adori il gran mistero;
ma come puo l'amore
esser contento a pieno
se non manda il suo ben
per gl'occhi al core ?
Vo cercarti per tutto,
ne sarà forse in vano,
che da chi ben ti cerca,
mai, dolce mio Tesor, tu sei lontano.

Del ciglio dolente
l'ondosa procella
in Iride bella
cangiando, cangiando sen va.
E il cor che già sente
vicino il suo Sole,
da mesto e languente
sereno si fa.

Marie Madeleine:
Mon Jésus, mon Seigneur,
maintenant que tu es revenu,
pourquoi, pourquoi te caches-tu à mes yeux ?
La foi peut permettre, il est vrai,
à l'esprit d'adorer ce grand mystère;
mais comment l'amour peut-il
être pleinement heureux
s'il ne peut montrer au coeur
la vue du bien-aimé ?
Ma quête partout me mènera,
elle ne sera pas vaine
car tu n'es jamais, mon doux trésor, bien loin
de celui qui te cherche vraiment.

Du ciel douloureux
la houleuse tempête
se change, se change
en un bel arc-en-ciel.
Ainsi le coeur qui se sent
déjà proche de son Soleil
de triste et languissant
devient serein.


Cleofe:
Si, si, cerchiamo pure
l'orme del nostro Amor,
Che fortuna sarà ben chi lo trovi !
verso il bosco io men vado,
mentre tu verso gli orti i passi movi.

Augelletti, ruscelletti,
che cantando, mormorando,
date lodi al mio Signore,
insegnatemi dov'è, dov'è !
Fiori ad erbe, già superbe
di lambir le sacre piante,
deh mostrate a un cor amante
le bell' orme del suo piè.

Marie Cléophas:
Oui, oui, cherchons donc
la trace de notre aimé.
Combien celle qui le trouvera sera fortunée !
Je cours vers les bois
et toi, presse ton pas vers les jardins.

Oiselets, ruisselets,
qui, en gazouillant,
louez mon Seigneur,
dites-moi où il se trouve !
Herbes et fleurs, fières d'avoir été
effleurées par la plante du pied sacré,
montrez à un coeur épris
où il a passé.



SCENE  V

S. Giovanni:
Dove si frettolosi,
Cleofe, rivolgi i passi ?

Jean:
Où cours-tu si vite,
Marie Cléophas ?

Cleofe:
In traccia di Gesù, ch'è già risorto,
come fa Maddalena.

Marie Cléophas:
Chercher Jésus ressuscité,
comme le fait Marie Madeleine.

S. Giovanni:
Onde il sapeste ?

Jean:
D'où le saviez-vous ?

Cleofe:
Sovra l'aperto avello,
cosi a noi rivelo labbro celeste.

Marie Cléophas:
A la tombe vide nous en instruisirent
des lèvres célestes.

S. Giovanni:
Cosi la Madre a me poc'anzi ha detto,
a cui prima d'ogni altro,
del Figlio apparve il glorioso aspetto.

Jean:
Je l'ai appris depuis peu de la Mère
à qui, avant tous les autres,
le Fils s'est montré dans son aspect glorieux.

Cleofe:
O come lieta avrà quel Figlio accolto !

Marie Cléophas:
Avec quelle joie elle aura accueilli son Fils !


S. Giovanni:
Parve ch'il suo bel volto,
di stille lacrimose umido ancora,
del Sol divino all'improvviso ragio
fosse tra riso e pianto un'altra aurora.
Poi la gioia veloce
corse dal seno al labbro in questa voce:

Caro Figlio !
Caro Figlio, amato Dio,
già il cor mio
nel vederti esce dal petto !
E se lento
fu in rapirmilo il tormento,
me lo toglie ora il diletto.

Jean:
Il paraît que son beau visage,
encore inondé de larmes,
devient au rayon soudain du soleil divin,
entre rires et pleurs, une autre aurore.
Puis du coeur à ses lèvres
la joie jaillit et elle dit:

Cher Fils !
Cher Fils, Dieu aimé,
mon coeur en te voyant
bondit dans ma poitrine !
Et si la souffrance lentement
me l'arracha,
le bonheur me l'a ravi maintenant !


Maddalena:
Cleofe, Giovanni, udite,
udita la mia nuova alta ventura !
Ho veduto in quell'orto il mio Signore,
che avea d'un suo guardian
preso figura,
ma dalle rozze spoglie
uscia luce si pura e cosi ardente,
che pria degli occhi il ravviso la mente.
Poi conobbi quel viso,
in cui per farsi bello
si specchia il Paradiso.
Vidi le mani ancor, vidi le piante,
ed in esse mirai, lucide e vaghe,
svavillar come stelle
quelle ch'erano pria funeste piaghe.
A baciarle il mio labbro allor s'accinse,
ma Gesù mi respinse, e dir mi parve:
tu non mi muoi toccar ! poscia disparve.

Marie Madeleine:
Marie, Jean, écoutez
mon grand et nouveau bonheur !
J'ai vu dans ce jardin le Seigneur.
Il avait pris l'apparence d'un gardien,
mais de sa rude défroque
sortait une lumière si pure, si ardente
qu'elle comblait l'esprit avant les yeux.
Puis j'ai reconnu ce visage
où se mire le paradis
cherchant à être beau.
Je vis aussi ses mains, ses pieds
et sur eux, pures et fines,
je vis scintiller comme des étoiles
les atroces blessures passées.
Ma bouche s'apprêtait à les baiser,
mais Jésus me repoussa et me sembla dire:
il ne t'est pas permis de me toucher.
Puis il disparut.

S. Giovanni:
Non si dubiti più !

Jean:
Nous ne pouvons plus douter !

Cleofe:
Cessi ogni rio timore !

Marie Cléophas:
Que cesse toute crainte méchante !

Maddalena:
E risorto Gesù !

Marie Madeleine:
Jésus est ressuscité !

S. Giovanni:
Viva è la nostra Vita...

Jean:
Vivante est notre vie !

Cleofe:
... il nostro Amore !

Marie Cléophas:
... vivant, notre Amour !


Maddalena:
Se impassible, immortale
sei risorto, o Sole amato,
deh fa ancor ch'ogni mortale
teco sorga dal peccator.

Marie Madeleine:
Si, impassible, immortel,
tu es ressuscité, ô Soleil aimé.
Ah, accorde à tous les mortels
de renaître avec toi sans péchés.


S. Giovanni:
Si, si, col Redentore
sorga il mondo redento !

Jean:
Oui, oui, que le monde entier
par le Sauveur soit sauvé !

Cleofe:
Sorga dalle sue colpe il peccatore !

Marie Cléophas:
Que le pécheur revive !

Maddalena:
Ed al suo Fabbro eterno
ogni creatura dia lode ed onore !

Marie Madeleine:
Et que toute créature honore et loue
le Créateur éternel !


Coro:
Diasi lode in Cielo, in terra,
a chi regna in terra, in Ciel !
Ch'è risorto oggi alla terra
per portar la terra al Ciel.

Choeur:
Que loué soit au ciel et sur terre
celui qui règne sur terre et au ciel !
Qui aujourd'hui ressuscita sur terre
pour conduire la terre au ciel.

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GEORGE FREDERICK HAENDEL

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