La conversion de Clovis, roi des Francs

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Antonio CALDARA
 
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PRIMERA PARTE

PREMIERE PARTIE

Scena 1

Scène 1

Uberto:
Invitto Clodoveo,
Che fai dall'Orse all'africano lido correr
Con alto grido il franco nome,
Al cui vator, Fortuna mai non ardi'
Di rivoltar le chiome,
Vieni, che nuove palme oggi ti aduana
Del nemico furor l'orgoglio insano;
E già dentro il confine de' Regni tuoi
La tua famosa mano provoca
La tua famosa mano provovat
Ad illustrar le sue ruine;
Vieni che de' tuoi fidi seguaci omai
Tutto animato il campo
Per fulminare un insolente ardire,
Attende sol della tua spada un lampo.

{Aria}
Di tua gloria lo splendore,
Entro il cor d'ogni guerriero,
Nuovo foco desterà.


E pugnando ardito e fiero,
Del nemico empio furore,
Vincitore tornerà.


Clodoveo:
Vanne Uberto, e disponi tutte alla pugna
Le mie forti squadre,
Che ben presto m'avranno seco
Per duce, per compagno e padre.
Ma di Clotilde mia, pria nel seno amoroso
Vuo' le parti adempir
D'amante, e sposo.

{Aria}
Voglio quel seno stringere
Prima che il fianco cingere
Di bellicoso acciar.


Voglio in quel vago seno
Depositar l'affetto
E poi, e poi tutto il mio petto
Voglio di sdegno armar.

Uberto:
Invincible Clovis,
Toi qui fais retentir, du pôle aux rivages d'Afrique,
Le nom glorieux des Francs,
Valeureux Clovis à qui jamais la fortune n'osa
Tourner le dos,
Viens, car de nouveaux lauriers t'appellent aujourd'hui
L'orgueil insensé de la fureur ennemie
Jusqu'à l'intérieur des frontières de ton royaume,
Elle vient provoquer son bras fameux
A venger avec éclat les ravages qu'elle commet;
Viens, car l'armée de tes fidèles partisans
Brûle de foudroyer
Cette insolente audace,
Et n'attend pour cela qu'un éclair de ton épée.


{Air}
De ta gloire la splendeur,
Dans le coeur de chaque guerrier,
Un nouveau feu suscitera.


Et frappant, audacieuse et fière,
De l'impie fureur ennemie,
Victorieuse reviendra.


Clovis:
Va, Uberto, et prépare au combat
Toutes mes puissantes légions
Qui, bientôt, m'auront à leur tête,
Pour chef, pour compagnon, et pour père.
Mais auprès du coeur aimant de la Clotilde
Je veux d'abord remplir mon rôle
D'amant et d'époux.

{Air}
Je veux la serrer dans mes bras
Avant de ceindre mon flanc
De l'épée guerrière.


Je veux dans son sein charmant
D"poser mon amour,
Et puis, et puis, mon âme entière
Je veux armer de colère.

Scena 2

Scène 2

Clotilde:
Clodoveo, mio signor.

Clodoveo:
Cara consorte, delle trombe guerriere
Udisti il suono.

Clotilde:
Con voce di métallo, udii la morte.

Clodoveo:
E qual morte paventi ?

Clotilde:
Quella che la mia in te mi toglie.

Clodoceo:
Tergi, o Clotilde mia, le belle gote,
Che se ardito mi vanto mille schiere incontrar,
Temo il tuo pianto.

{Aria}
Rasserenatevi, cara pupille,
Ch'io vado a spargere di sangue i fiumi
Perché compensino de vostri lumi
Le vagbe stille.


Clotilde:
Con prove di fierezza mal si dimostra amore.

Clodoveo:
Anzi, alla tua bellezza
Consagra l'amor mio tutto lo sdegno,
Perchè, con nuove palme,
Brama tornare a te dite più degno.

Clotilde:
Per tante e si'bell'opre,
Cosi' grande gia sei
Che ogn'altra impresa è del valore eccesso.
Sol vederti vorrei vincitor di...

Clodoveo:
Di chi ?

Clotilde:
Sol di te stesso; vorrei, che conoscendo
Chi fè serva la sorte al'tuo coraggio,
Non a te ma a lui solo
Ne rendessi di gloria un giusto omaggio.

Clodoveo:
In ogni mia vittoria,
A Giove e Marte
Feci innalzar trofei.

Clotilde:
Questi son falsi dei,
Che non mertan da te culto né onore;
Anzi, di lor forse tu sei maggiore.
Ma quel nume che solo tutto regge,
Che al tempo et al destin solo dà legge,
E un increata esseza perfetta,
Incomprensibile, infinita,
Da cui quant'è creato ha moto, e vita.

{Aria}
Volgi il core a questo nume
Ch'è sol vera Deità.
Il suo puro eterno lume
Mentre in se di se s'accende
Reso amante amor e amato,
Trino splende,
E conversa l'unità.


Clodoveo:
Clotilde, ben sovente di questo Dio già favellar
T'intesi, ma quanto più ti udii, men ne compresi.

Clotilde:
Non puo' l'umana mente, ch'è finita e si frale,
Comprender l'infinito e l'immortale.

Clodoveo:
Parlarne a miglior tempo meco potrai;
Per ora forz'é ch'io parta ove l'onor mi chiama.

Clotilde:
Son lusinghieri inganni, onore e fama;
Ma vanne pur, ch'io spero
In chi mai rende lo sperar fallace,
Che un giorno ti farà scorger il vero.
Ma pensa allor che sei nel periglio più rio
Ch'è Dio delle battaglie il mio gran Dio.

Clodoveo:
Solo i tuoi vaghi lumi
Per farmi vincitor sono o miei numi.

{Duo}
Clodoveo:
Co' tuoi begli occhi tu vincerai
Mentr'il mio braccio combatterà.


Clotilde:
Ben coraggioso tu pugnerai
Ma il mio gran Dio sol vincerà.

Clotilde:
Clovis, mon seigneur.

Clovis:
Ma chère épouse, des trompettes guerrières
Tu as entendu le son.

Clotilde:
Avec sa voix d'airain, j'ai entendu la mort.

Clovis:
Mais quelle mort crains-tu ?

Clotilde:
Celle qui me prendrait la vie en teprenant.

Clovis:
Essuie, ô ma Clotilde, tes belles joues,
Car si, hardi, je prentends affronter mille armées,
Je crains tes pleurs.

{Air}
Rassurez-vous, chères prunelles,
Car je vais répandre des fleuves de sang
Pour qu'ils dédommagent vos yeux
De leurs charmantes larmes.

Clotilde:
Des preuves de cruauté disent mal d'amour.

Clovis:
Au contraire: à ta beauté,
Mon amour dédie toute ma colère,
Car, chargé de nouveaux lauriers,
Il désire revenir à toi plus digne.

Clotilde:
Par tes hauts faits si nombreux,
Tu es déjà si grand
Que toute nouvelle entreprise n'est qu'excès de valeur.
Je voudrais ne te revoir que de...

Clovis:
De qui ?

Clotilde:
De toi-même; et que, sachant
Qui asservit le sort à ton courage,
Non pas à toi mais à sa glire,
Tu en rendes le juste hommage.

Clovis:
En chacune de mes victoires,
A Jupiter et à Mars,
J'ai fait dresser des trophées.

Clotilde:
Ce sont là de faux dieux
Qui ne méritent de toi ni culte ni honneur,
Peut-être, même, leur es-tu supérieur.
Mais ce Dieu qui, seul, gouverne le monde,
Qui au temps et au destin, seul, impose sa loi,
Est une essence incréée et parfaite,
Incompréhensible, infinie,
De laquelle tout le créé tient le mouvement et la vie.

{Air}
Tourne ton coeur vers cette figure,
Qui, seule, est le vrai Dieu.
Sa pure, éternelle lumière
Qui en soi-même prend sa source,
Faite amour aimante et aimée,
Dans sa trine aspect resplendit
Et conserve son unité.

Clovis:
Clotilde, bien souvent, de ce Dieu je t'ai entendu
Parler, mais plus tu en disais, moins je comprenais.

Clotilde:
L'humaine intelligence, qui est infinie et si fragile,
Ne peut comprendre l'infini et l'immortel.

Clovis:
Tu pourras m'en parler dans un moment meilleur;
Pour l'instant, force m'est d'aller où l'honneur m'appelle.

Clotilde:
Trompeurs et illusoires sont l'honneur et la gloire;
Mais va, pourtant; car j'espère
En celui qui jamais ne rend l'espoir trompeur,
Et qui, un jour, te fera découvrir le vrai.
Mais n'oublie pas, quand tu seras dans le péril le plus grand
Que le Dieu que j'aodre est le Dieu des combats.

Clovis:
Seuls tes beaux yeux,
Pour me donner la victoire, sont mes dieux.

{Duo}
Clovis:
Avec tes beaux yeux, c'est toi qui vaincras,
Tandis que mon bras combattra.

Clotilde:
Certes, courageux, tu frapperas,
Mais c'est Dieu seul qui vaincra.

Scena 3

Scène 3

San Remigio:
Mio Signor, mio Gesù, che sopra un legno
Spirar volesti esangue,
Come ancora il tuo sangue non sparge
I suoi tesori in questo regno ?
Pur fra gli umili voti
Del mio desir più ardente
Sperarlo oso' l'adolorata mente.
Ma forse fu un reeor del pensier mio,
Che in vano a tal mercede
Sanza merto aspirare osa il desio.

{Aria}
Se mesta l'alma teme,
Madre del suo timor
La colpa in lei si fè.


Se spera, la sua speme
Figlia di quell'amor
Che vuol la pena in se.

Saint Rémi:
Mon Seigneur, mon Jésus, toi qui, sur la croix,
Voulus mourir exsangue,
Coment ton sang ne répant-il pas
Encore ses trésors en ce royaume ?
Pourtant, parmi les humbles voeux
De mon plus ardent désir,
Mon esprit affligé avait osé l'espérer.
Mais peut-être était-ce une erreur de ma pensée;
Car en vain, à un tel salaire,
Sans l'avoir mérité, le désir ose aspirer.

{Air}
Si, trite, l'âme craint,
Mère de sa crainte
La faute en l'âme s'est faite.

Si elle espère, son espérance
Est fille de l'amour
Qui veut en elle la peine.

Scena 4

Scène 4

Clotilde:
Remigio amato, Padre.

San Remigio:
Alta regina, troppo un tuo serve onori.

Clotilde:
A te sen viene l'alma mia più che il piede;
E da' tuoi detti cerca
Qualche conforto alle sue pene.

San Remigio:
Aprimi del tuo seno i chiusi affetti.

Clotilde:
Da che il mio sposo parti'
Per incontrar l'oste nemico,
M'afflige ogni momento
Con insolito orror nuovo spavento.
Parmi che oppresso e chieda soccorso,
µNé si via chi l'ascolti o lo veda
Fuor che la pena mia.

{Aria}
Io non so se in me più fiero
Che non è finga il cimento
Quel timor che l'alma ingombra.


Ma so ben che menzognero
Nel mio sen non è il tormento
Benchè sia figlio d'un ombra.

Clotilde:
Rémi que j'aime. Mon père.

Saint Rémi:
Grande reine, c'est trop d'honneur pour ton serviteur.

Clotilde:
A toi me conduit mon âme plutôt que mes pas;
Et de tes paroles, elle attend
Un secours à ses prières.

Saint Rémi:
Ouvre-moi de ton coeur les chagrin secrets.

Clotilde:
Depuis que mon royal époux
Est allé affronter l'armée ennemie,
A tout instant m'afflige
L'insolite horreur d'une frayeur nouvelle.
Il me semble que, vaincu, il appelle au secours,
Et que nul ne l'entend, ne le voit,
Hors ma propre peine.

{Air}
Je ne sais si, en moi, plus cruel
Le péril m'est figuré
Par la cainte qui emplit mon âme.

Mais je sais que dans son sein,
Mon tourment n'est pas mensonger
Bien qu'il naisse d'une ombre.

Scena 5

Scène 5

Uberto:
Signora, infausto messo
Di non lieto successo
Il comando reale a te m'invita.

Clotilde:
Prima di te, la pena narro' le sue sventure
All'alma mia, ma dimmi: E' salvo il re ?

Uberto:
Da ogni disastro il suo valor lo trasse
E la fortuna; or et hor ferma
Et aduna del campo suo le figgitive schiere.
Ma dal'insulti d'un incerto Marte
Per renderti sicura
Vuoi ch'io ti giudi in più remota parte.

Clotilde:
Anzi, a lui sol mi guida:
Sapro' costante e fida
Correr con lui non inegual la sorte,
Perchè temo la sua non la mia morte.

Uberto:
Dello sposo real segui il consiglio
Che se a lui volgi il piede
Farai col tuo crecere il suo periglio.

San Remigio:
Regina, sono del Ciel giusti decreti,
E al suo voler il tuo resiste invano;
De suoi fin secreti
Devi obbedir non indagar l'arcano.
Ma consolati ancor; ben sposo avviene
Che nasca per virtù del cielo istesso
Da semi di dolor messe di bene.

{Aria}
Picciol legno
Dall'orrido fiato di Borea sdegnato
Già si crede sommerso nell'onde.


Ma quel vento che par si' crudele,
Più presto le vele
Spinge ancora del porto alle sponde.


Clotilde:
A' detti tuoi mi rendo.
Del Ciel gl'arcani adoro,
E se punire egli mi vuol,
Lieta le pene attendo
Che mi sarà conforto anche il morire.

San Remigio:
A cosi' giusti sensi
Ingrato esser non puo' chi più gradisce
Un umil cor, che vittime e incensi.
Spera dunque, o Regina.

Clotilde:
Altra speranza non ho nel mio dolore
Che poterlo soffrir con più costanza.

{Recitativo con violini}
Mio Dio per me svenato
In torrenti di sangue apristi il seno,
E io, del core ingrato, per te
Gl'insani affetti ancor non sveno.
Ma forse quel desio di cui viva la face sento
Dentro dell'alma a te non spiace
Montre sol da te vuole di lume un raggio
Ch'al real consorte
Mostri della tua fede vero sole.


{Aria}
Se tanto il core ottiene
Crescano poi le pene,
Che mai di tal mercede
Non pagano il piacer.


Ma s'egli troppo chiede
Mio Dio, tu far ben puoi
Che solo quel che vuoi
Si pur il suo voler.

Uberto:
Dame, en messager funeste
D'une issue non favorable,
L'ordre du roi à toi m'envoie.

Clotilde:
Avant toi, le chagrin a dit à mon âme
Le malheur du roi, mais dis-moi: est-il sauf ?

Uberto:
Du désastre, sa valeur l'a sauvé,
Ainsi que la fortune; pour l'heure, il arrête et rassemble
De son armée les légions en fuite.
Mais pour te protéger
Des outrages de l'incertain dieu de la guerre,
Il veut que je te guide vers un lieu moins exposé.

Clotilde:
Mais non, vers lui seul, guide-moi:
Je saurai, constante et fidèle, affronter
Non moins bien que lui le sort,
Car c'est sa mort que je crains, pas la mienne.

Uberto:
De ton royal époux, suis plutôt le conseil,
Car si vers lui tu diriges tes pas,
Tu accrois son danger par celui que tu cours.

Saint Rémi:
Reine, ce sont du Ciel les justes décrets,
Et à son vouloir le tien résiste en vain;
De ses fins secrètes,
Tu dois respecter et non interroger le mystère.
Mais rassure-toi; souvent il advient
Que naissent, par la vertu du Ciel lui-même,
De semences de douleur des moissons de bonheur.

{Air}
Telle barque légère,
Par l'horrible souffle de Borée irrité,
Se croit déjà engloutie dans les ondes,

Mais ce vent qui semble si cruel
Pousse plus vite ses voiles
Vers les rives plus vite.

Clotilde:
A tes raisons je me rends.
Du Ciel j'aodre les mystères,
Et s'il veut me punir,
Avec joie j'attends le châtiment,
Car même la mort sera mon réconfort.

Saint Rémi:
A de si justes pensées
Ne peut être insensible celui qui préfère
Un humble coeur aux sacrifices et à l'encens.
Espère donc, ô reine.

Clotilde:
Le seul espoir que j'ai dans ma souffrance,
Est de le pouvoir supporter avec plus de constance.

{Récitatif accompagné}
Mon Dieu, pour moi, expulsant
A torrents ton sang, tu as ouvert ton sein,
Et moi, de mon coeur ingrat, pour toi,
Je n'ai pas encore expulsé
Mes affections insensées.
Mais peut-être ce désir, dont je sens
Si vive la flamme
Dans mon âme, ne te déplait pas,
Puisque de toi il n'attend qu'un rayon de lumière
Qui, à mon royal époux,
Fasse voir de ta foi le vrai soleil.

{Air}
Si le coeur obtient cela
S'accroissent ensuite ses peines,
Car jamais d'un tel salaire
Elles ne paient le plaisir.

Mais si mon coeur demande trop,
Mon Dieu, tu peux faire en sorte
Que ton propre vouloir
Soit aussi sa volonté.

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SECONDA PARTE

DEUXIEME PARTIE

Scena 1

Scène 1

San Remigio:

{Aria}
Agitato da speme e timore
Il mio core a chi creder non sa.
Se la speme s'affida in un Dio
Co'i miei falli so ben che poss'io
Anche il Cielo spogliar di pietà.

{Recitativo}
Clodoveo superato,
Orgoglioso il nemico,
Clotilde a fuggir presta,
Remigio, e che fatai ?
Divin Signor, l'arcogià teso arresta,
O adatta all'arco i strali sol d'amore.

Saint Rémi:

{Air}
Agité d'espoir et de crainte,
Mon coeur ne sait à qui s'en remettre.
Si mon espoir s'en remet à Dieu,
Je sais bien que mes fautes peuvent
Du Ciel même lasser la pitié.

{Récitatif}
Quand Clovis est vaincu,
L'ennemi plein d'orgueil,
Clotilde prête à fuir,
Rémi, que feras-tu ?
Din Seigneur, ton arc déjà tendu pose-le,
Ou bien n'arme cet arc que de flèches d'amour.

Scena 2

Scène 2

Uberto:
Remigio, troppo tarda la regina
A partir, nuovi messagi giungono ogn'or
Che l'inimico incalza
Con replicati oltraggi
Del nostro campo le reliquie estreme,
E il cor di Clodoveo di lei sol teme.

San Remigio:
Già, Clotilde qui giunge
Per obbedire al Cielo et al consorte,
E per seguir del tuo valor le sorte.

Uberto:
Signora, andiamo. A i perigliosi eventi
Misurano la sorte anche i momenti.

{Aria}
Quando il turbine è vicino,
Prende il remo anche il nocchier.

Verso il lido urta la prova
Né si ferma nel consiglio
Che tal or breve dimora
Fa il periglio assai più fier.

Clotilde:
Andiamo ove più vuoi, che vacillante
Sol il piede sarà, ma il cor costante.
Ma quai nuovo fragore d'oricalchi
Guerrieri d'intomo ascolto ?

Uberto:
Che fia non so.

Clotilde:
Nel pallido tuo volto
Cio' che dir tu non sai, leggo ben io,
Leggo il comun affanno.

San Remigio:
Ah! meglio spera, confida nel tuo Dio,
E se di tua virtude
Nuove prove a te chiede,
Umile e forte al suo voler t'inchina.

Uberto:
Che vedo ! Ecco, o Regina, il tuo sposo,
Il mio re, che qua sen viene.

Clotilde:
Ciel, che sarà ! Saran contenti o pente ?

Uberto:
Rémi, la reine tarde trop
A partir, de nouveaux messages viennent sans cesse
Dire que l'ennemi poursuit
De ses outrages répétés
De notre armée les derniers restes,
Et que le coeur de Clovis ne craint que pour la reine.

Saint Rémi:
Vois, Clotilde nous rejoint
Pour obéir au Ciel et à son époux,
Et s'en remettre à ta vaillance pour la conduire.

Uberto:
Dame, partons. Dans les périls,
Un moment seul peut changer le sort.

{Air}
Quand la tornade est proche,
Même le nocher prend la rame.

Vers le ribage, il tourne la proue,
Et ne reste pas à réfléchir,
Car parfois, un bref retard
Rend le péril bien plus grand.

Clotilde:
Partons vers là où tu veux, car seuls mes pas
Seront hésitants, mon coeur sera constant.
Mais quel nouveau fracas de clairons
Guerriers j'entends alentour ?

Uberto:
Ca que ce peut être, je ne sais.

Clotilde:
Sur ton visage pâli,
Ce que tu ne sais dire, moi je le dis,
Je lis notre commune angoisse.

Saint Rémi:
Ah ! Espère plutôt, aie confiance en ton Dieu,
Et si, de ta vertu,
Il attend de nouvelles preuves,
Humble et forte, sous son vouloir, courbe-toi.

Uberto:
Mais que vois-je ? Voici, ô reine, ton époux,
Et mon roi, qui s'en vient ici.

Clotilde:
Ciel ! Qu'en sera-t-il ? Joie ou peines ?

Scena 3

Scène 3

Clodoveo:

{Aria}
Clotilde, vincesti,
Vittoria, vittoria, vittoria!
Clotilde, vincesti,
Vincesti, o Clotilde,
Vittoria, vittoria, vittoria!

Tu sola calpesti
L'indomito orgoglio.
Per te del mio soglio
Risorta è la gloria.

Clotilde:
Mio sposo.

San Remigio:
Mio signor

Uberto:
Mio rè.

Clotilde:
Che narri ?

San Remigio:
Che novelle gradite ne porti .

Uberto:
Dinne omai del tuo valor l'usate prove.

Clodoveo:
Udite. Pugnai con fato avverso nel primo agone;
E benchè offersi a Marte le opime spoglie,
Al fin mirai disperso fuggir
Tutto il mio campo, ond'a gran pena
Sotto le mie bandiere
Potei riunir l'intiniorite schire.
Provvidi con Uberto al tuo periglio.
Poi, ritentar la solrte volendo,
Mi sovvene di quel tuo Dio
Che Dio possente e forte chiamar solevi,
E Dio delle battaglie;
E promisi a lui sol culto et onore
Se del fiero nemico mi rendea vincitore.
Ed ecco sentir parmi dentro il mio sen
Più che mai forse ardito
Un generoso invito a prender l'armi:
Coraggioso le impugno,
E nel confflitto vedo che il Ciel
Per me combatte e vedo l'inimico sconfitto
Cedermi il campo o fuggitivo o estinto,
Onde per tal vittoria
Solo il tuo Nume adore.

Clotilde:
Adesso ho vinto.

{Aria}
Gioisco che il tuo core
Ha vinto il cieco errore
Di cui servo già fu.

Si canti la vittoria
Ma se ne dia la gloria
Al caro mio Gesù.

Clodoveo:
Clotilde, è ver: troppo sin ora oppressa
Da cieche larve ebbi la mente,
E mai il tuo labro ascoltai;
Ma tua mercè l'error più non m'ingombra,
Conosco il vero sole
Di cui questo che aggiorna
Appena è l'ombra. Lo conosco,
Et adoro il suo gran nome,
E in quell'onda che il prezzo ha del suo sangue
Voglio tosto purgar l'immonde chiome.

{Aria}
Come cerva che ferita
Anelando corre al fonte,
In quel fonte della vita,
Bramo anch'io bagnar la fronte.

Clotilde:
Remigio, a questi accenti,
Perchè il santo piacer chiudi nel petto ?

San Remigio:
E' si' geloso il cor del suo diletto
Se parte alcuna non vuol darne al labro.

Clotilde:
Or lascia lo stupor,
Che a te conviene disporre, et adempire
Il rito sacro per cui regio crine
Piova grazie divine il pio lavacro.

San Remigio:
Vo' ad obbedirti,
E benedico intanto
Quel Dio che un si' bel giorno
Dall' alba fece uscir del nostro pianto.

{Aria}
Sommo Dio, chi in te confida
Speri sempre e mai paventi,
Che il bel lume delle stelle
Nel sentier delle procelle
E' la scorta che ci guida
Sempre al porto de' contenti.

Clovis:

{Air}
Clotilde, tu as vaincu,
Victoire, victoire, victoire !
Clotilde, tu as vaincu,
Tu as vaincu, Clotilde,
Victoire, victoire, victoire !

Toi seule as foulé aux pieds
Cet orgueil indompté.
Par toi, de mon trône,
La gloire ressuscite.

Clotilde:
Mon époux.

Saint Rémi:
Mon seigneur.

Uberto:
Mon roi.

Clotilde:
Que nous dis-tu ?

Saint Rémi:
Quelles bonnes nouvelles apportes-tu ?

Uberto:
Conte-nous de ta valeur les prouesses coutumières.

Clovis:
Ecoutez. Le sort me fut contraire dans le premier assaut;
Et bien que j'ai offert à Mars les opimes dépouilles,
Je finis par voir se disperser
Et s'enfuir toute mon armée, et, à grand-peine,
Sous mes drapeaux,
Je pus rassembler les légions épouvantées.
Je veillai, avec Uberto, au danger que tu courais,
Puis voulant à nouveau tenter ma chance,
Je me souvins de ton Dieu,
Que Dieu puissant et fort tu appelais toujours,
Et Dieu des combats;
Je promis à lui seul culte et honneurs
Si, du farouche ennemi, il me faisait vainqueur.
Et voilà qu'il me semble entendre en mon sein,
Plus audacieux que jamais,
Un appel généreux à reprendre les armes.
Plein de courage, je m'en saisis,
Et dans l'affrontement, je vois que le Ciel
Combat pour moi, et je vois l'ennemi vaincu
Me céder le terrain, fuyant ou mourant.
Aussi, par la vertu de cette vistoire,
Ton Dieu seul j'adore.

Clotilde:
A présent, j'ai gagné.

{Air}
Je suis heureuse que ton coeur
Ait vaincu l'aveugle erreur
De laquelle il fut l'esclave.

Qu'on célèbre la victoire,
Mais qu'on en attribue la gloire
A mon cher Jésus.

Clovis:
Clotilde, c'est vrai: par trop d'ombres, jusqu'ici,
J'ai eu l'esprit aveuglé,
Et jamais je n'ai prêté attention à tes dires;
Mais grâce à toi, l'erreur ne m'offusque plus la vue,
Je connais le vrai soleil
Dont celui qui éclaire le jour
Est à peine l'ombre; je le connais,
Et j'adore son haut nom,
Et dans cette eau qui a le prix de son sang,
Je veux vite purifier mon immonde chevelure.

{Air}
Comme la biche qui, blessée,
En haletant court à la fontaine,
A cette fontaine de vie,
J'aspire aussi à baigner mon front.


Clotilde:
Rémi, en l'entendant,
Pourquoi tiens-tu renfermée en ton sein ta sainte joie ?

Saint Rémi:
Mon coeur est si jaloux de son plaisir
Qu'il ne veut rien céder à mes lèvres.

Clotilde:
Maintenant, sors de cette torpeur,
Car c'est à toi de préparer et d'accomplir
Le rite sacré par lequel, que la chevelure royale,
Pleuveront les grâces divines du saint baptême.

Saint Rémi:
J'obéis à ton ordre,
Et je bénis en attendant
Ce Dieu qui fit qu'un si beau jour
Naisse de l'aube de nos pleurs.

{Air}
Dieu suprême, que celui qui à toi se fie
Espère toujours et jamais ne craigne.
Car la belle clarté des étoiles
Sur la route des orages
Est le guide qui toujours nous mène
Au port de la félicité.

Scena 4

Scène 4

Uberto:
Con sempio si' bello
Che ti porge il tuo re, mia fè, che pensi ?
Scuotti tu ancora omai
Il fosco orror degl'acciecati sensi,
E della vera fè vagheggia i rai.
Chiedi tu pur del sacro fonte l'onda
Che de passati errori possa lavare
Ogni tua macchia immonda.

{Aria}
Che santo e bel piacer
Rinascere a goder
D'eterno bene.

Che immenso e puro amor
Voler che poche stille
Estinguano l'ardor
D'eterne pene.

Uberto:
De l'exemple si beau
Que t'offre ton roi, ma foi jurée, que penses-tu ?
Chasse désormais toi aussi
La sombre erreur de tes sens aveuglés,
Et de la vrai foi, appelle la lumière.
Demande, toi aussi, l'eau de la fontaine sacrée
Qui, de tes erreurs passées, pourra laver
Toutes les souillures immondes.

{Air}
Quel saint et beai plaisir
De renaître à la jouissance
Du bien éternel.

Quel immense et pur amour
De vouloir par quelques gouttes d'eau
Eteindre le feu
Des peines éternelles.

Scena 5

Scène 5

Clotilde:
Quest'è l'altara in cui per vittima
Offrir dei la colpa esangue
E purgarla in quell'onda
Che in se contiene del sacerdote il sangue.
Or mentre il buon pastor
La sacra mano al gran mistero appresta
D'ogni culto profano
Pria gl'inganni detesta
Poi chiedi umile e prono
Al vero Dio de' falli tuoi perdono.

{Aria}
Santo amor, che sul Giordano
Qual colomba apristi i vanni
Per dar ale alla tua fè,
Qui t'envola e i falsi inganni
Spenti al fin d'un rito insano
Fa restar con bel costume
Le tue piume sempre in petto
Ai Franchi rè.




Clodoveo:
Signor, troppa ostinata
Nella sua cecità fu la mia mente,
Ma l'error già confesso.
Te sol per vero Nume adoro,
E sol la fede tua professo
D'un giusto pentimento, deh,
Non sdegnar il ritardo omaggio
Se il pentimento suole quasi far
Che gradito sia l'oltraggio.

San Remigio:
Mio rè, non è mai tardo
Il dolor quando è tale
Che la tardanza sua condanna e piange,
E con mercede eguale
Pagar suole il mio Dio chi dall'aurora lo serve
E chi sol viene all'ultima ora.
Io te n'affido, et or nel santo nome
Del Padre e Figlio e dello Spirto amante
Verso Vonda vital su le tue chiome.

Clodoveo:

{Aria}
V'adoro, v'adoro,
O Padre, o Figlio e te
Ad'entrambi eguale
Spirto del loro amor.

Se in voi fissar non vuole
Mente increata il ciglio
Puo' ben amarvi il cor.

Clotilde:
Voici l'autel où, pour victime,
Tu dois offrir ta faute à l'agonie
Et te purifier de cette eau
Qui, en elle, contient le sang du sacerdoce.
Maintenant, pendant que le bon pasteur
Prête sa main consacrée à la préparation du grand mystère,
De tout culte profane,
Commence par détester les illusions,
Puis, humble et courbé, demande
Au vrai Dieu le pardon de tes fautes.

{Air}
Saint amour qui, sur le Jourdain,
Tel la colombe ouvris les ailes
Pour donner l'envol à ta foi,
Viens ici, et enfin éteintes
Les erreurs trompeuses d'un rite insensé,
Fais gracieusement demeurer
Tes plumes toujours attachées
Au sein des rois des Francs.


Clovis:
Seigneur, trop longtemps,
Dans son aveuglement s'obstina mon esprit,
Mais je confesse mon erreur,
Toi seul j'adore pour vrai Dieu,
Et ta foi seul je professe.
D'un juste repentir, ah !
Ne méprise pas le tardif hommage,
Puisque le repentir fait souvent
Qu'agréable devienne l'outrage.

Saint Rémi:
Moi roi, jamais n'est tardive
Une souffrance quand elleest telle
Qu'elle condamne son retard, et le déplore.
Et, de même façon,
Mon Dieu rétribue celui qui dès l'aurore le sert
Je te confie à lui, eu au saint nom
Du Père, du Fils, et de l'Esprit aimant,
Je verse l'onde de vie sur tes cheveux.


Clovis:

{Air}
Je vous adore, vous adore,
O Père, ô Fils, et toi,
Leur égal à tous deux,
Esprit Saint de leur amour.

Si, sur vous, l'esprit incréé
Ne veut porter son regard,
Son coeur, au moins, peut vous aimer.

Scena 6

Scène 6

Clotilde:
Mio Redentor, mio Dio, s'oggi ti piacque
Con un bel raggio di virtù possente
Dell' amato consorte
L'ombre scacciar dall'offuscata mente,
Onde ei discopre il vero eterno lume,
O quante grazie, o quante,
A tua somma bontà render dovrei !
Ma pur in van lo tento
Che mi rende confusa
La grandezza del dono, e il mio contento.

{Duo}
Clotilde e Clodoveo:
E' un piacer che vien dal Cielo
quel che inonda in seno il cor
E maggior esser non puo'.

Troppo o Dio dei doni tuoi
Fosti prodigo con noi,
Io bramar di più non so.

Clotilde:
Mon Rédempteur, mon Dieu,
Puisqu'il te plut aujourd'hui,
Par un beau rayon efficace et puissant,
De chasser les ombres
De l'esprit aveuglé de mon cher époux,
Afin qu'il découvre la vrai lumière éternelle,
O combien de grâces, combien,
Devrais-je rendre à ta bonté suprême !
Mais en vain, je m'y essaie,
Tant me rendent confuse
La grandeur du don, et mon bonheur.

{Duo}
Clotilde et Clovis:
C'est un plaisir qui vient du Ciel
Ce plaisir inondant notre coeur,
Il ne saurait être plus grand.

Avec nous, ô Dieu, de tes dons,
A l'excès, tu fus prodigue;
Désirer plus, je ne saurais.

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Antonio CALDARA

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