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George Frederick HAENDEL


traduction du livret   
ACTE I
ACTE II
ACTE III


ACT ONE

ACTE I


Scène 1
{le palais à Babylone}


Nitocris:
Vain, fluctuating state of human empire !
First, small and weak, it scarcely rears its head,
Scarce stretching out its helpless infant arms,
Implores protection of its neighbour states,
Who nurse it to their hurt. Anon, it strives
For pow'r and wealth, and spurns at opposition.
Arriv'd to full maturity, it graps
At all within its reach, o'erleaps all bounds,
Robs, ravages and wastes the frighted world.
At length, grown old and swell'd to bulk ernormous,
The monster in its proper bowels feeds
Pride, luxury, corruption, perfidy,
Contention, fell diseases of a state,
That prey upon her rivals. Of her weakness
Some other rising pow'r advantage takes,
(Unequal match !) plies with repeated strokes
Her infirm, aged trunk: she nods - she totters -
She falls - alas ! never to rise again.
The victor state, upon her ruins rais'd,
Runs the same shadowy round of fancied greatness,
Meets the same certain end.

Nitocris:
Vain, fluctuant empire des hommes !
D'abord, petit et faible, il dresse à peine la tête,
cherchant à étendre ses bras d'enfant impuissants,
il implore la protection des Etats voisins,
qui la lui accorde à leurs dépens. Il aspire bientôt
à la puissance et à la richesse, récusant toute opposition.
Arrivé à pleine maturité, il saisit
tout ce qui est à sa portée, franchit toutes les limites,
pille, ravage et dévaste le monde apeuré.
A la longue, vieilli, démesurément enflé,
le monstre nourrit en son sein
l'orgueil, la luxure, la corruption, la perfidie,
la discorde - funestes maux d'un Etat,
qui font de ses organes vitaux leur proie. De sa faiblesse,
quelque autre puissance naissante tire parti
(combat inégal !), faisant plier sous ses coups répétés
son corps infirme et vieilli: il trébuche, il chancelle,
il tombe - hélas ! pour ne jamais se relever.
L'Etat vainqueur, dressé sur ses ruines,
danse la même ronde chimérique d'une grandeur imaginaire,
et trouve à coup sûr la même fin.


Nitocris:
Thou, God most high, and Thou alone,
Unchang'd for ever dost remain:
Through boundless space extends thy throne,
Through all eternity thy reign.

As nothing in thy sight
The reptile man appears,
Howe'er imagin'd great;
Who can impair thy might ?
In heav'n or earth, who dares
Dispute thy pow'r ? Thy will is fate.

Nitocris:
Toi, Dieu très haut, et toi seul,
restes à jamais inchangé:
ton trône s'étend dans un espace sans limites,
ton règne à travers toute l'éternité.

L'homme rampant,
aussi grand qu'il s'imagine,
semble n'être rien à ta vue;
qui peut altérer ta puissance ?
Au ciel ou sur la terre, qui ose
contester ton pouvoir ? - Ta volonté est destin.


[entre Daniel]

Nitocris:
Oh much belov'd
Of God and man ! say, is there aught can save
This sinking state ?

Daniel:
Great Quenn, 'tis not for man
To pry into the councels of omniscience.
But you have done your duty, I mine.
No more remains but to submit to what
God, noly wise end just, ordains.

Nitocris:
Ô bien-aimé
de Dieu et des hommes ! Dis-moi, n'y a-t-il rien
qui puisse sauver cet Etat qui sombre ?

Daniel:
Ô grande reine, il n'appartient pas à l'homme
de se mêler des conseils de l'omniscience;
mais vous avez fait votre devoir, et moi le mien.
Il ne reste qu'à se soumettre à la volonté
de Dieu qui seul, dans sa sagesse et sa justice, ordonne.


Daniel:
Lament not thus, oh Queen, in vain !
Virtue's part is to resign
All things to the will divine,
Nor of its just decrees complain.

The sins of Babylon urge on her fate;
But virtue still this comfort gives,
On earth she finds a safe retreat,
Or bless'd in heav'n for ever lives.

Daniel:
Ne vous lamentez pas ainsi, ô reine, en vain !
Le parti de la vertu est de s'en remettre
en toutes choses à la volonté divine,
et de ne point se plaindre de ses justes décrets.

Par ses péchés, Babylone précipite son destin;
mais la vertu offre toujours son réconfort:
elle trouve sur terre une sûre retraite,
ou, bienheureuse au ciel, elle vit à jamais.


Scène 2
le camp de Cyrus devant Babylone
{vue de la ville traversée par l'Euphrate}

Chorus of Babylonians:
{upon the walls, deriding Cyrus, as engaged in an impraticcable undertaking}

Behold, by Persian's hero made
In ample form, the trong blockade !
How broad the ditch ! how deep it falls !
What lofty tow'rs o'erlook the walls !
Hark Cyrus ! Twenty times the sun
Round the great year his course shall run:
If there so long thy army stay,
Not yet to dogs and birds a prey,
No succour from without aarice,
Within remain no means to live,
We then may think it time to treat,
And Babylon capitulate.
A redious time ! - to make it short,
Thy rise attempt will find us soprt.

Choeur des Babyloniens:
{sur les remparts, raillant Cyrus qui s'est engagé dans une entreprise impossible}

Voyez comme le héros des Perses
assiège vaillamment notre cité !
Comme le fossé est large ! Comme il est profond !
De grandes tours dominent les murs !
Ecoute, ô Cyrus ! Vingt fois le soleil
suivra son cours d'un an:
si ton armée reste là tout ce temps,
sans être la proie des chiens et des oiseaux,
si aucun secours ne vient du dehors,
si dedans ne reste plus de quoi vivre,
alors nous penserons peut-être qu'il est temps de traiter,
et pour Babylone de capituler.
Attente fastidieuse ! - Pour la raccourcir,
ta sage tentative trouvera en nous de quoi te divertir.


Gobrias:
Well may they laugh, from meagre famine safe,
In plenteous stores for more than twenty years;
From all assault secure in gates of brass,
And walls stupendous; In Euphrates' depth
Yet more secure.

Cyrus:
'Tis that security
Shall aid me tu their ruin. I tell thee, Gobrias,
I will revenge thy wrongs upon the head
Og this inhuman king.

Gobrias:
Ils peuvent bien rire, à l'abri de la famine,
avec leurs greniers remplis pour plus de vingt ans;
défendus de tout assaut par leurs grilles d'airain
et leurs murs stupéfiants; encore mieux protégés,
grâce aux profondeurs de l'Euphrate.

Cyrus:
C'est cette sécurité
qui m'aidera à les perdre. Je te le dis, Gobrias,
je vengerai l'offense qui t'est faite sur la tête
de ce roi inhumain.


Gobrias:
Oh memory !
Still bitter to my soul ! - methinks I see
My son, the best, the loveliest of mankind,
Whose filial love and duty above all sons
Made me above all other fathers happy,
I see him breathless at the tyran's feet,
The victim of his envy.

Opprest with never-ceasing grief,
I drag a painful weary life;
Of all that made life sweet bereft,
No hope, but in revenge, is left.

Gobrias:
Ô souvenir
encore amer dans mon âme ! - Il me semble voir
mon fils, le meilleur, le plus beau des hommes,
dont l'amour filial et le sens du devoir
m'ont rendu le plus heureux de tous les pères;
je le vois expirant aux pieds du tyran,
victime de sa jalousie.

Accablé d'une tristesse incessante,
je mène une vie de douleur et de lassitude;
privé de tout ce qui rendait la vie si douce,
il ne me reste nul espoir, hors la vengeance.


Cyrus:
Dry those unavailing tears,
Haste your just revenge to speed;
I'll disperse your gloomy fears,
Dawning hope shall soon succeed.

Be comforted: safe though the tyrant seem
Within those walls, I have a strategem,
Inspir'd by heav'n (dreams oft descend from heav'n)
Shall baffle all his strength; so strong my mind
Th'impression bears, I cannot think it less.

Methought, as on the bank of deep Euphrates
I stood, revolving in my anxious mind
Our arduous entreprise, a voice divine,
In thunder utter'd, to the bottom seem'd
To pierce the river's depth. The lofty tow'rs
Of yon proud city trembling bow'd their heads,
As they would kiss the ground. "Thou deep, " it said,
"Be dry". No more; but instant at the word.
The stream forsook his banks, and in a moment
Left bare his oozy bed. Amaz'd I stood:
Horror, till then unknown, uprais'd my hair,
And froze my flat'ring tingue. The voice renew'd:
"Cyrus, go on, and conquer: 'tis I that rais'd thee,
I will direct thy way. Build thou my city,
And without ransoms set my captives free."


Now tell me, Gobrias, does not this Euphrates
Flow through the midst of Babylone ?

Cyrus:
Sèche donc tes vaines larmes,
et hâte ta juste vengeance;
je disperserai ces sombres craintes,
l'espoir naissant va bientôt vaincre.

Sois rassuré: si sûr que paraisse le tyran
derrière ces murs, le ciel m'a inspiré
un stratagème (les songes descendent souvent du ciel)
qui bafouera toute sa force; si claire en mon esprit
est l'impression, que je ne puis la croire trompeuse.

Il m'a semblé, alors que je me tenais sur les rives
du profond Euphrate,
Méditant dans mon esprit inquiet
notre difficile entreprise, qu'une voix divine,
telle le tonnerre, perçait
les profondeurs du fleuve. Les hautes tours
de la fière cité inclinèrent la tête en tremblant,
comme pour baiser le sol. "Ô fleuve profond, dit-elle,
assèche-toi." Rien de plus; mais aussitôt des mots prononcés,
le fleuve quitta ses rives et en un instant
laissa vide son lit humide. Je restai étonné:
une horreur jusqu'alors inconnue fit se dresser mes cheveaux,
et figea ma langue tremblante. La voix reprit:
"Cyrus, va et sois vainqueur: c'est moi qui t'appelle,
je te montrerai ka voie. Bâtis-moi une ville,
et sans rançon libère mon peuple captif".

Or, dis-moi, Gobrias, cet Euphrate
ne coule-t-il pas au milieu de Babylone ?


Gobrias:
It does.

Cyrus:
And I have heard you say, that on the west
A monstruous lake, on ev'ry side extended,
Four hundred furlongs, while the banks were made,
Receiv'ed th'exhausted river ?

Gobrias:
'Tis most true.

Cyrus:
Might not we then
By the same means now drain Euphrates dry,
And through its channel march into the city ?

Gobrias:
Suppose this done: yet still the brazen gates,
Which from the city to the river lead,
Will bar our passage, always shut by night,
When we must make th'attempt. Could we suppose
Those gates unshut, we might indeed ascend
With ease into the city.

Cyrus:
Said you not
This is the feast to Sesach consecrate ?
And that the Babylonians' spend the night
In drunken revels, and in loose disorder ?

Gobrias:
Si.

Cyrus:
Et je t'ai entendu dire qu'à l'ouest
un lac immense s'étendait de tous côtés,
de quatre lieues de long, qui, lorsque l'on fit les berges,
reçut les eaux du fleuve ?

Gobrias:
C'est tout à fait vrai.

Cyrus:
Ne pourrions-nous donc pas,
par les mêmes moyens, assécher l'Euphrate,
et entrer dans la ville par son canal ?

Gobrias:
Supposons que nous le fassions: restent les portes d'airain,
qui, de la ville, conduisent au fleuve, et qui,
toujours fermées la nuit, nous barreraient le chemin
si nous essayions de passer. Si nous trouvions
ces portes ouvertes, nous pourrions de fait entrer
sans peine dans la ville.

Cyrus:
N'as-tu point dit
que c'était la fête consacrée à Susach ?
Et que les Babyloniens passaient la nuit
en orgies de boisson et de débauche ?


Gobrias:
They do; and 'tis religion to be drunk
On this occasion.

Behold the monstruous human beast
Walloning in excessive feast !

No more his Maker's image found:
But, self-degraded to a swine,
He fixes grov'ling on the ground,
His portion of the breath Divine.

Behold the monstruous...

Gobrias:
Si; et leur religion veut qu'ils s'enivrent
en cette occasion.

Regarde la montrueuse bête inhumaine
se vautrant dans ces fetins excessifs !

Elle n'est plus à l'image de son Créateur:
avilie, réduite au rang de porc,
elle répand en se traînant sur terre
sa portion du souffle divin.

Regarde la monstrueuse...


Cyrus:
Can you then think it strange, if drown'd in wine,
And from above infatuate, they neglect
The means of their own safety ?

Great God ! who, yet but darkly known,
Thus far hast deign'd my arms to bring;
Support me still, while I pull down
Assyria's proud, injourious king.
So shall this hand thy altars raise,
This tongue for ever sing thy praise;
And all thy will, when clearly shown,
By the glad servant shall be done.

My friends, be confident, and boldly enter
Upon this high exploit. No little cause
We have to hope success; since not unjustly
We have attack'd, but being first attack'd,
We have pursu'd th'aggressor. Add to this,
That I proceed in nothing with neglect
Of Pow'r Divine: Whate'er I undertake,
I still begin with God, and gain his favour
With sacrifice and pray'r.

Cyrus:
Trouverais-tu donc étrange que, noyés dans le vin,
ayant perdu la tête, ils négligent
les moyens d'assurer leur propre sécurité ?

Grand Dieu ! Toi que je ne connais qu'obscurément,
qui a daigné conduire si loin mon bras;
aide-moi encore à détrôner
le fier et insolent roi Assyrien.
Cette main te dressera alors un autel,
cette langue chantera à jamais ta louange;
et toutes tes volontés, si elles sont clairement exprimées,
seront exécutées par ton heureux serviteur.

Mes amis, soyez confiants, et engagez-vous avec audace
dans ce grand exploit. Nous avons toutes les raisons
d'espérer le succès; nous n'avons pas attaqué
injustement, mais, attaqués d'abord,
avons poursuivi l'agresseur. Ajoutez à cela
que je ne fais rien en néglifeant
le pouvoir divin: quoi que j'entreprenne,
je m'adresse toujours en prelier lieu à Dieu,
dont j'obtiens la faveur par mes sacrifices et prières.


Chorus:
All empires upon God depend;
Begun by his command, at his command they end.
Look up to him in all your ways:
Begin with pray'r and end with praise.

Choeur:
Tous les empires dépendent de Dieu;
Nés sous son ordre, sur son ordre ils expirent.
Levez les yeux vers Lui dans toutes vos actions;
Commencez par la prière, et concluez par la louange.


Scène 3
{Daniel, avec les prophéties d'Isaïe et de Jérémie ouvertes devant lui. Autres Juifs}

Daniel:
Oh sacred oracles of Thruth !
Oh living spring of purest joy !
By day be ever in my mouth,
And all my nightly thoughts employ.

Whoe's withhold attention due,
Neglect themselves, despising you.

Oh sacred oracles...

Daniel:
Ô oracles sacrés de la vérité !
Ô source vivante dela joie la plus pure !
Le jour, soyez à jamais sur mes lèvres,
et occupez toutes mes pensées nocturnes.

Quiconque vous refuse l'attention qui vous est due,
se néglige soi-même en vous méprisant.

Ô oracles sacrés...


Rejoice, my countrymen: the time draws near,
The long-expected time herein forehold.
"Seek now the Lord your God with all your heart,
And you shall surely find him. He shall turn
Your long captivity: he shall gather you
From all the nations whither you are driven,
And to your native land in peace restore you."

For long ago,
Whole ages ere this Cyrus yet was born
Or thought of, great Jehovah, by the Propher,
In words of comfort to his captive people
Foretold, and call'd by name the wond'rous man.

Réjouissez-vous, compatriotes: le moment approche,
le moment prédit, et longtemps attendu.
"Cherchez maintenant le Seigneur votre Dieu de tout votre coeur,
et vous le trouverez sûrement. Il mettra un terme
à votre longue captivité: il vous rassemblera
dans toutes les nations où vous avez été conduits,
et vous reconduira en paix dans votre pays natal."

Car il y a longtemps,
des lustres avant que Cyrus n'exista,
fût-ce en pensée, le grand Jéhovah, par son prophète,
adressa des mots de réconfort à son peuple qu'il appella de son nom.


"Thus saith the Lord to Cyrus, his anoined,
Whose right hand I have holden, to subdue
Nations before him: I will go before thee,
To loose the strong-knit loins of mighty kings,
Make straight the crooked places, break in pieces
The gates of solid brass, an cut in sunder
The bars of iron, for my servant's sake,
Israel my chosen. Though thou hast not known me,
I have surnam'd thee: I have girded thee:
That from the rising to the setting sun
The nations may confess, I am the Lord,
There is none else, there is no God besides me.
Thou shalt perform my pleasure, to Jerusalem
Saying, Thou shalt be built; and to the Temple,
Thy raz'd foundation shall again be laid."

"Ainsi parle l'Eternel à son oint, à Cyrus,
qu'il tient par la main, pour terrasser
les nations devant lui: je marcherai devant toi,
pour relâcher la ceinture des rois puissants,
pour aplanir les chemins montueux, rompre en pièces
les portes d'airain, et couper en deux
les barres de fer, pour l'amour de mon serviteur,
Israël mon élu. Bien que tu ne me connaisse point,
je t'ai appelé par ton nom; je t'ai ceint:
afin que du soleil levant jusqu'au couchant
les nations puissent reconnaître que je suis l'Eternel,
qu'il n'y en a point d'autre, qu'il n'est de Dieu que moi.
Tu accompliras ma volonté, à Jérusalem
disant: tu seras rebâtie; et au Temple:
tes fondations seront à nouveau posées."


Chorus:
Sing, oh ye heav'ns ! for the Lord hath done it:
Earth, from thy centre shout;
Break forth, ye mountains, into songs of joy,
Oh forest, and each three therein: for the Lord hath done it !
Jehovah hath redeemed Jacob,
And glorified himself in Israel.
Hallelujah ! Amen, Hallelujah !

Choeur:
Chantez, ô cieux ! Car le Seigneur a exaucé nos prières:
ô terre, crie de tes profondeurs:
éclatez, ô montagnes, en chants de joie,
ô forêt, et chancun de tes arbres: car le Seigneur nous a exaucés !
Jéhovah a racheté Jacob,
et s'est glorifié en Israël.
Halléluia ! Amen, Halléluia !


Scène 4
{le palais}

Belshazzar:
Let festal joy triumphant reign !
Glad ev'ry heart, in ev'ry face appear:
Free flow the wine, nor flow in vain;
Far fly corroding care.

Each hand the chime melodious raise,
Each voice exult in Sesach's praise;
Let order vanish: liberty alone,
Unbounded liberty the night shall crown.

Let festal joy...

For you, my friends, the nobles of my court,
I have prepar'd a feast magnificent,
Worthy of you and me. Let all my wives
And concubines attend. Our royal mother -

Belshazzar:
Que règne la joie triomphante !
Qu'elle réjouisse tous les coeurs et paraisse sur tous les visages !
Que le vin coule à flots, et qu'il ne coule pas en vain;
que les soucis qui nous minent s'enfuient au loin.

Que chaque main fasse résonner le mélodieux carillon,
que chaque voix exulte dans la louange de Sésach;
que l'ordre disparaisse: seule la liberté,
la liberté sans limites devra couronner la nuit.

Que le vin...

Pour vous, mes amis, les nobles de ma cour,
j'ai préparé un somptueux festin,
digne de vous et de moi. Que toutes mes femmes
et concubines soient présentes. Notre royale mère -


Nitocris:
I must prevent thee, son. Who can endure
Th'unbridled license of this festival,
Miscall'd by the licencious, liberty ?
Where nought prevails but riotous excess,
The noisy idiot laugh, the jest obscene,
The scurril taunt, and drunken midnight brawl.
My soul starts back at such brutality,
Asserting reason's empire.

The leafy honours of the field,
Before the furious driving wind,
In giddy dissipation fly.

To noise and folly forc'd to yield,
The fair ideas quit the mind,
And lost in wild confusion lie.

The leafy honours...

Nitocris:
Je dois te prévenir, ô mon fils. Qui peut supporter
la licence débridée de ce festin,
que les licencieux appellent à tort liberté ?
Ôù rien ne prévaut, que les excès de débauche,
les rires bruyants, les plaisanteries obscènes,
les propos grossiers, les querelles nocturnes d'ivrognes.
Mon âme recule devant tant de brutalité,
proclamant l'empire de la raison.

Telles les feuiles qui ornent les champs,
et qui, poussées par les fureurs du vent,
volent dans un désordre étourdissant.

Contraintes de céder au bruit et à la folie,
les idées justes quittent l'esprit,
et gisent, perdues, dans une confusion féroce.

Telles les feuilles...


Belshazzar:
It is the custom, I may say, the law,
By long presciption fox'd !

{looking round and spying the Jews}

These captive Jews !
What do they here ? they low'r upon our joys,
And envy liberty they cannot taste.
Yet something your perverse and wayward nation
Shall to our mirth contribute. Bring those vessels -
Those costly vessels my victorious grandsire
Took from the Temple of Jerusalem,
And in the temple of great Bel laid up,
But us'd them not: - 'tis fit they should be us'd;
And let their God, whose pow'r was found too weak
To save his people, serve the conquerors
Of him and them. We'll revel in his cups:
Their rich materials and choice workmanship
Shall well augment the splendor of our feast.
And as we drink, we'll praise our country gods,
To whom we owne the prize.

Belshazzar:
C'est la coutume, je dirais même la loi,
prescrite de longue date.

{regardant autour de lui et épiant les Juifs}

Ces Juifs captifs !
Que fontils ici ? Ils guignent nos joies,
et envient la liberté qu'ils ne peuvent goûter.
Et pourtant votre perverse et obstinée nation
contribuera à notre gaieté. Apportez ces vaisseaux -
ces coûteux vaisseaux que mon victorieux aïeul
a pris au temple de Jérusalem,
et disposés dans le temple du grand Bel;
mais n'a point utilisés: il convient de les employer;
et que leur Dieu, dont le pouvoir s'est révélé trop faible
pour sauver son peuple, serve ceux qui l'ont conquis,
lui et les siens. Nous boirons dans ces coupes:
leurs riches matières et leur facture de choix
accroîtront d'autant la splendeur de notre festin.
Et en buvant, nous louerons les dieux de nos terres,
à qui nous devons le butin.


Nitocris:
Oh sacrilège !
Unheard of profanation !

Chorus of Jews:
Recall, oh king ! thy rash command,
Nor prostitute with impious hand
To uses vile the holy things
Of great Jehovah, king of kings.
The grandsire trembled at his name,
And domm'd to death who durst blaspheme;
For he, like us, his pow'r had tried,
Confess'd him just in all his ways,
Confess'd him able to abase
The sons of men that walk in pride.

Nitocris:
Ô sacrilège !
Profanation inouïe !

Choeur des Juifs:
Reviens, ô roi, sur ton ordre insensé;
Ne prostitue pas d'une main impie,
par de vils usages, les saints objets
du grand Jéhovah, roi des rois.
Ton aïeul trembla à son nom,
et condamnait à mort quiconque osait blasphémer;
car il avait éprouvé comme nous sa puissance,
le disait juste dans toutes ses actions,
le disait capable d'abattre
les fils des hommes qui marchent la tête haute.


Nitocris:
They tell you true; nor can you be to learn
(Though ease and pleasure have ingross'd you all)
Things donne in public view. I'll not repeat
The seven-fold heated furnace, by that God
Whom you defy, made to his faithful servants
A walk of recreations; nor the king,
In heigh of all his pride, drove from his throne,
And from the first of men, in thought a god,
Reduc'd to brutal rank: all this, and more,
Thou know'st as well as I, and should'st consider.

Nitocris:
Ils vous disent vrai; et vous ne pouvez ignorer
(bien que l'oisiveté et le plaisir vous aient tous engourdis)
les choses faites en public. Je ne reparlerai pas
de la fournaise sept fois chauffée, dont ce dieu
que vous défiez fit pour ses fidèles serviteurs
une promenade de plaisir; ni de ce roi,
au comble de son orgueil, chassé de son thrône:
le premier des hommes, qui se prenait pour un dieu,
réduit au rang de bête; tout cela, et plus encore,
tu le sais aussi bien que moi, et devrais y songer.


Belshazzar:
Away ! - Is then my mother convert grown
To Jewish superstition ? - Apostate queen !
These idle tales might well become the dotage
Of palsied eld, but not a queen like you,
In prime of life, for wisdom far renown'd. -
On to the feast: I waste my time too long
In frivolous dispute; time, due of right
To pleasure and the gods.

Belshazzar:
Partez ! - Ma mère s'est-t-elle donc convertie
à la superstition des Juifs ? - Reine apostate,
ces fables futiles pourraient bien être le radotage
d'une vieille tremblante, mais non d'une reine comme vous,
dans la fleur de l'âge, renommée pour sa sagesse. -
Que le festin commence: j'ai trop perdu de temps
en frivoles disputes; un temps qui revient de droit
au plaisir et aux dieux.


Duo

Nitocris:
Oh dearer than my life, forbear !
Profane not, oh my son,
With impious rites Jehavah's Name:
Remember what his Arm has done:
The earth contains not half his fame:
Remember, and his vengeance fear.

Belshazzar:
Oh queen, this hateful theme forbear !
Join not against your son
With captive slavesn your country's foes:
Remember what our gods have done
To those who durst their pow'r oppose:
Remember, and their vengeance fear.

Nitocris:
Alas ! then must I see my son
Headlong to sure destruction run ?

Belshazzar:
Not to destruction but delight
I fly, and all once more invite
To reign with me this happy night.

Nitocris:
Oh dearer than my life...

Belshazzar:
Oh queen...

Duo
N
itocris:
Ô toi qui m'es plus cher que la vie, renonce !
Ne profane pas, ô mon fils,
par des rites impies le nom de Jéhovah;
souviens-toi de ce que sa main a fait;
la terre ne contient pas la moitié de sa renommée:
souviens-toi, et crains sa vengeance.

Belshazzar:
Ô reine, renoncez à évoquer ce sujet haïssable !
Ne vous joignez pas contre votre fils
à des esclaves captifs, ennemis de votre pays;
Souvenez-vous de ce que nos dieux ont fait
à ceux qui ont osé s'opposer à leur pouvoir;
Souvenez-vous, et craignez leur vengeance.

Nitocris:
Hélas, il me faut donc voir mon fils
courir à corps perdu à une ruine certaine ?

Belshazzar:
Non pas à la ruine, mais au plaisir
je vole, et une fois encore invite chacun
à partager avec moi cette nuit de bonheur.

Nitocris:
Ô toi qui m'es plus cher que la vie...

Belshazzar:
Ô reine, renoncez à évoquer...


Chorus of Jews:
By slow degrees the wrath of God to its meridian height ascends;
There Mercy long the dreadful bolt suspends,
Ere it offending Man annoy;
Long patient for repentance waits, reluctant to destroy.

At length the wretch, obdurate grown,
Infatuate, makes
The ruin all his own;
And ev'ry step he takes,
On his devoted head
Precipitates the thunder down.

Choeur des Juifs:
Par lents degrés, la colère de Dieu monte à son zénith;
la pitié a longtemps retenu les foudres divines,
avant qu'elles ne frappent l'offenseur;
avec une grande patience Dieu attend le repentir,
n'anéantissant qu'à contre-coeur.

A la longue, le malheureux impétintent,
rendu fou, fait
lui-même sa propre ruine;
et chaque pas qu'il fait,
sur sa tête dévouée,
précipite le tonnerre.


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ACT TWO

ACTE II


Scène 1
{à l'extérieur de la ville, le fleuve presque à sec}

Chorus:
See, from his post Euphrates flies !
The stream withdraws his guarian wave !
Fenceless the queen of cities lies !

Semi-Chorus I:
Why, faithless river, dost thou leave
Thy charge to hostile arms a prey,
Expose the lives thou ought'st to save,
Prepare the foerce invader's way,
And, like false man, thy trust betray ?

Semi-Chorus II:
Euphrates hath his task fulfill'd,
But to Divine decree must yield.
While Babel queen of cities reign'd,
The flood her guardian was ordain'd;
Now to superior pow'r gives place,
And but the doom of heav'n obeys.

Chorus:
Of things on earth, proud man must own,
Falehood is found in man alone.

Choeur:
Voyre, l'Euphrate quitte son lit !
Le fleuve retire ses flots protecteurs !
La reine des ville gît sans défence !

Demi-Choeur I:
Pourquoi, fleuve infidèle, donner
ta ville en proie aux armes hostiles,
pourquoi risquer les vies que tu dois sauver,
ouvrir la voie à l'envahisseur féroce,
et, tel l'homme perfide, trahir la confiance qui t'est faite ?

Demi-Choeur II:
L'Euphrate a accompli sa tâche,
mais doit obéir au divin décret.
Lorsque Babel régnait en reine des cités,
le fleuve fut nommé son gardien;
voici qu'il cède la place à la force supérieure,
et n'obéit qu'à la loi céleste.

Choeur:
De toutes les créatures terrestres, l'homme doit avouer,
dans sa fierté, que la fausseté se trouve en lui seul.


Cyrus:
You see, my friends, a path into the city
Lies open: fearless let us enter, knowing
That those we are to cope with are the same
We have already conquer'd, strenghen'd then
With aid of great and numerous allies,
Wakeful and sober, rank'd in just array;
Now all asleep, or drunk, at best disorer'd:
A helpless state ! stille worse, when they shall hear
We are within their walls.

Amaz'd to find the foe so near,
When slepp and wine their senses drown,
All hearts shall faint, and melt with fear,
All hands unnerv'd fall feebly down.

Unseless the hero's valour lies,
Useless the counsel of the wise.

Amaz'd to find...

Cyrus:
Voyez, mes amis, l'accès de la ville
est ouvert; entrons sans crainte, sachant
que ceux que nous devons affronter sont les mêmes
que nous avons déjà vaincus, renforcés alors
du soutien de grands et nombreux alliés,
vigilants et sobres, en rangs bien ordonnés;
à présent tous endormis, ivres, on ne peut plus désordonnés:
dans un état d'impuissance ! Pis encore, lorsqu'ils apprendont
que nous sommes en leurs murs.

Etonnés de trouver l'ennemi si proche,
les sens noyés par le sommeil et le vin,
tous les coeurs défailliront, et fondront de peur,
toutes les mains retomberont, faibles et sans nerf.

Inutile sera alors la vaillance du héros,
inutile, le conseil des sages.

Etonnés de trouver...


Chorus of Persians:
To arms, to arms ! no more delay !
God and Cyrus lead the way.

Choeur des Perses:
Aux armes, aux armes ! sans tarder !
Dieu et Cyrus ouvrent la voie.


Scène 2
{une salle de banquet, ornée des effigies des dieux babyloniens}
Belshazzar, ses épouses, ses concubines et ses seigneurs boivent dans les vaisseaux du temple juif et chantent les louanges de leurs dieux

Chorus:
Ye tutelar gods of our empire, look down,
And see what rich trophies your victory crown.
Let your own bounteous gifts, which our gratitude raise,
Wine, gold, merry notes, pay our tribute of praise.
Sesach ! this night is chiefly thine,
King donor of the sparkling wine.

Choeur:
Dieux tutélaires de notre empire, regardez,
et voyez les riches trophées qui couronnent votre victoire.
Que nos abondantes offrandes, gages de notre reconnaissance,
que le vin, l'or, les chants de joie payent notre tribu de louange.
Sésach ! Cette nuit est avant tout la tienne,
toi qui fis l'aimable don de ce vin pétillant.


Belshazzar:
Let the deep bowl thy praise confess,
Thy gifts the gracious giver bless !
Thy gifts, of all the gods bestow,
Improve by use, and sweeter grow.
Another bowl ! -'tis gen'rous wine,
Exalts the human to divine.

Where if the God of Judah's boasted pow'r ?
Let him reclaim his lost magnificence,
Assert his rights, prov'd ours by long possession,
And vindicate his injur'd honour ! -

Belshazzar:
Que la coupe profonde proclame ta louange,
que le gracieux donateur bénisse tes offrandes !
Tes offrandes, de tous les dons que les dieux accordent,
s'améliorent à l'usage et se font plus douces.
Une autre coupe ! - C'est un vin généreux,
qui exalte l'homme et le rend divin.

Où est le Dieu dont Juda vanta la force ?
Qu'il réclame sa magnificence perdue,
qu'il affirme ses droits qu'une longue possession
nous a accordés,
et venge son honneur blessé ! -


[alors qu'il s'apprête à boire, une main apparaît, qui écrit sur le mur en face de lui: il la voit, pâlit d'effroi, lâche la coupe de vin, retombe sur son siège, tremblant de la tête aux pieds, avec les genoux qui s'entrechoquant]


Ah! -

Ah ! -


Chorus:
Help, help the king ! he faints ! he dies !
What envious demon blasts our joys,
And into sorrow turns ?
Look up, oh king ! - speak, cheer thy friends:
say, why our mirth thus sudden ends,
And the gay circle mourns ?

Choeur:
Aidez, aidez le roi ! Il défaille ! Il meurt !
Quel envieux démon trouble nos joies,
et les transforme en remords ?
Lève les yeux, ô roi ! - Parle, réjouis tes amis:
dis-nous pourquoi notre allégresse s'achève ainsi soudain,
et pourquoi ce joyeux cercle se lamente ?


Belshazzar:
Behold ! - see there ! -

Belshazzar:
Tenez ! - Regardez ! -


[il montre la main sur le mur qui, tandis qu'ils la regardent avec stupéfaction, termine d'écrire puis disparaît]


Chorus:
Oh dire portentous sight ! - But see, 'tis gone,
And leaves behind it types unknow.
Perhaps some stern decree of fate,
Big with the ruin of our state !
What God, or godlike man, can tell
The sense of this mysterious spell ?

Choeur:
Ô vision terrible et funeste ! - Mais voyez, elle est partie,
laissanr derrière alle des caractères inconnus.
Peut-être quelque sévère décret du destin,
portant la ruine de notre Etat !
Quel dieu, quel homme divin, pourra dire
le sens de cette mystérieuse formule ?


Belshazzar:
Call all my Wise Men, Sorcerers, Chaldeans,
Astrologers, Magiciens, Soothsayers:
They can perhaps unfold the mystic words,
Dispel our doubts, ans ease us of our fears.

Belshazzar:
Faites venir mes sages, sorciers, Chaléens,
astrologues, magiciens, devins:
peut-être sauront-ils déchiffrer les mots mystiques,
dissiper nos doutes et balayer nos craintes.


Sinfonia (Allegro Postillions)
[entrent les sages de Babylone]

Belshazzar:
Ye sages ! welcome always to your king,
Most welcome now, since needed most: oh minister
To my sick mind the med'cine of your art.
Whoe'er shall read this writing and interpret,
A splendid purple robe behind him flows,
A chain of gold his honour'd neck shall grace,
And in the kingdom he shall rule the third.

Belshazzar:
Ô sages ! Vous qui êtes toujours bienvenus auprès de votre roi,
vous l'êtes plus encore maintenant que l'on a besoin de vous: administrez
à mon esprit soufflant la médecine de votre art.
Celui qui saura lire cette écriture et l'interpréter
recevra une splendide robe de pourpre,
ornera son cou vénérable d'une chaîne d'or,
et règnera sur le royaume à la troisième place.


Sise Men:
Alas ! too hard a task the king imposes,
To read the characters we never learn'd !

Chorus:
Oh misery ! - oh terror ! - hopeless grief ?
Nor God nor man affords relief !
Who can this mystery unveil,
When all our wise diviners fail ?

Les Sages:
Hélas ! C'est une tâche trop dure que le roi nous impose:
lire les caractères que nous n'avons jamais appris !

Choeur:
Ô misère ! - Ô terreur ! - Douleur sans espoir !
Ni Dieu ni l'homme n'apportent de réconfort !
Qui saura dévoiler ce mystère,
si tous nos sages devins échouent ?


[entre Nitocris]

Nitocris:
Oh king, life for ever !
Let not thy heart ist wonted courage lose,
Not let thy countenance be chang'd with fear,
Though all thy wise men fait thee. In the kingdom
There is a man, among the Jewish captives,
In whom the Holy Spirit of God resides,
And in thy grandsire Nebuchadnezzar's days
Wisdom, like that of God, was found in him,
By which he could interpret mystic dreams,
Explain hard native name, dissolve all doubts:
Daniel his native name, but by the king
Nam'd Belteshazzar. Let him now be call'd:
He'll read the writing, and interpret it. -

Nitocris:
Ô roi, longue vie à toi !
Que ton coeur ne perde pas son habituel courage,
que ton visage ne soit pas changé par la crainte,
lors même que tous tes sages te font défaut. Dans
le royaume il est un homme, parmi les Juifs captifs,
en qui réside l'Esprit Saint de Dieu;
au temps de ton a£ieul Nabuchodonosor,
on trouva en lui une sagesse proprement divine,
qui lui permettait d'inperpréter les songes mystiques,
d'expliquer les phrases difficilesn de dissiper les doutes:
Daniel est son nom de naissance, mais le roi
l'a nommé Belteshazzar. Qu'il soit maintenant appelé:
il lira l'écriture, et l'interprétera. -


[entre Daniel]

Belshazzar:
Art thou that Daniel of the Jewish captives ?
I have heard of thee
That thou canst find interpretations deep,
And dissolve knotty doubts. If thou canst read
This writing, and explain, a purple robe
Adorns thy body, a gold chain thy neck,
And in the kingdom thou shalt rule the third.

Belshazzar:
Es-tu le Daniel des Juifs captifs ?
On me dit de toi
que tu peux donner des interprétations profondes,
et éclairer le labyrinthe des doutes. Si tu sais lire
cette écriture, et l'explique, une robe de pourpre
ornera ton corps, une chaîne d'or ton cou,
et dans le royaume ti règneras à la troisième place.


Daniel:
No ! to thyself thy trifles be,
pr takes thy rich rewards who will:
Such glitt'ring ytash affects not me,
Intent on greater matters still.

Yet, to obey his dread command,
Who vindicates his hlnour now:
I'll read this oracle, and thou,
But to thy cost, shalt understand.

Daniel:
Non ! Garde toi tes vétilles,
ou que reçoive tes présent qui veut:
ces babioles étincelantes ne me touchent point,
j'appartiens tout entier à de plus vastes projets.

Mais pour obéir à l'ordre vénérable
de celui qui venge maintenant son honneur,
je lirai cet orcale, et toi,
à tes dépens, tu comprendras.


ici, il me faut apporter quelques précisions sur les termes qui vont être employés [bien entendu, je ne parle pas Hébreux, je ne fais que recopier...]

les trois mots hébreux sont des participes passés
en lisant le dernier mot sans la conjonction "U" ("et"), et au singulier, on obtient la forme PERES, qui établit un jeu de mot avec pâras, qui signifie "Perses"
ainsi les jours du règne de Belshazzar sont "COMPTES"; il est "PESE" et trouvé "LEGER"; son royaume est "DIVISE" et donné aux Mèdes et aux PERSES


Daniel:
Thou, o king,
Hast lifted up thuself against the Lord of heav'n,
Whose vessels the have brought before thee,
And thou, thy lords, thy wives, and concubines,
Have drunk wine in them: Thou hast prais'd the gods
Of gold and silver, brass, iron, wood and stone,
Which neither see, nor heat, nor aught perceive:
But him, the God whose hand upholds thy life,
And in whose high dispose are all thy ways,
Thou hast not glorified, but hast blasphem'd.
From Him the hand was sent, by His appointment
These words were written:

MENE, MENE, TEKEL, UPHARSIN: -
which I thus interpret.
MENE: - The God, whom thou hast thus dishonour'd,
The days hath number'd of thy reign, and finish'd it.
TEKEL: - Thou in the balances art weigh'd,
And art found wanting.
PERES: - Thy kingdom is divised,
And to the Medes and Persians given.

Daniel:
Ô roi, tu as
dressé contre toi le Seigneur du ciel,
dont les vaisseaux ont été apportés devant toi;
toi, tes seigneurs, tes épouses et concubines,
y avez bu le vin: tu as loué les dieux
d'or et d'argent, d'airain, de fer, de bois et de pierre,
qui ne voient, ni n'entendent, ni ne sentent:
mais Lui, le Dieu dont la main soutient ta vie,
qui dispose de toutes tes actions,
tu ne l'as pas glorifié, mais as blasphémé.
C'est par Lui que la main fut envoyée, sur son ordre
ces mots furent écrits:

MENE, MENE, TEKEL, UPHARSIN: -
que j'interprète ainsi.
MENE: - Le Dieu que tu as déshonoré,
a compté les jours de ton règne et y a mis fin.
TEKEL: - Tu es pesé dans la balance,
et tu es trouvé léger.
PERES: - Ton royaume divisé,
et donné aux Mèdes et aux Perses.


Nitocris:
Oh sentence too severe ! and yet too sure !
Unless repentance may reverse the doom.

Regard, oh son, my flowing tears,
Proofs of maternal love:
Regard thyself; to cure thy fears,
Regard the God above.

Repentance sure will mercy find,
But wrath pursues th'obdurate mind.

Regard, oh son...

Nitocris:
Ô sentence, trop sévère ! Et pourtant trop sûre !
A moins que ton repentir ne puisse inverser ton sort.

Regarde, ô mon fils, mes larmes qui coulent,
preuves de mon amour maternel:
regarde-toi toi-même; pour apaiser tes craintes,
regarde le Dieu très haut.

Le repentir trouve sûrement merci,
mais le courroux poursuit l'esprit obstiné.

Regarde, ô mon fils...


Scène 3
{à l'intérieur de la ville}
Cyrus, Gobrias, etc...

Cyrus:
Oh God of Truth ! oh faithful guide !
Well hast thou kept thy word !
Deep waves at my approach subside;
The brazen portals open wide,
Gald to receive their Lord.

The hostile nations scatte'd fly,
Nor dare my presence stay:
Where'er I go, sure victory
Attends, for God is always nigh,
And He prepares my way.

You, Gobrias, lead directly to the place,
For you best know the way. This revelling head
Cannot oppose our passage; those who would,
Fall easy victims: for the rest, they fly,
Or take us for their friends, and reeling shout
For joy: We'll be their friends, and join the shout.
I seek no enemy except the tyrant;
When he is is slain our task is at an end. -
My worthy friends, let us not stain our swords
With needless slaughter: I begin already
To count this people mine, myself their shepherd,
Whose office is to feed and to protect them,
Not to destroy.

Cyrus:
Ô Dieu de vérité ! Ô guide fidèle !
Comme tu as tenu parole !
Les vagues profondes à mon approche s'éffacent;
les portails d'airain sont grand ouverts
heureux d'accueillir leur seigneur.

Les nations hostiles se dispersent et s'enfuient,
n'osant affronter ma présence:
où que j'aille, une victoire proche,
et il m'ouvre la voie.

Vous, Gobrias, allez directement jusqu'au palais,
car vous savez bien le chemin. Cette foule en liesse
ne saurait s'opposer à notre passage; ceux qui l'oseraient
seraient des victipmes faciles. Quand aux autres, ils s'enfuient,
ou nous prennent pour leurs amis et crient,
ivres de joie; nous serons leurs amis, et nous nous
joindrons aux cris.
Je ne cherche point d'ennemi, mis à part le tyran;
quand il sera mort, notre mission sera remplie. -
Vaillants amis, ne souillons pas nos glaives du sang
d'inutiles massacres: je commence déjà
à tenir ce peuple pour mien, à me croire son berger,
dont le rôle est de la nourrir et de le protéger,
et non de l'anéantir.


Chorus:
Oh glorious prince ! thrice happy they
Born to enjoy thy future sway !
To all like thee were sceptres giv'n,
Kings were like gods, and earth like heav'n:
Subjection free, unforc'd, would prove
Obedience is the child of love:
The jars of nations soon would cease,
Sweet liberty, beatific peace
Would stretch their reign from shore to shore,
And war and slav'ry ne no more.

Choeur:
Ô glorieux prince ! Trois fois heureux, ceux
qui sont nés pour connaître ton règne futur !
Si les sceptres n'étaient donnés qu'à des gens comme toi,
les rois seraient tels des dieux, et la terre telle le ciel:
la libre soumission, sans contrainte, prouverait
que l'obéissance est la fille de l'amour;
les luttes entre les nations cesseraient bientôt,
une douce liberté, une paix bienheureuse
étendraient leur règne d'une rive à l'autre,
la guerre et l'esclavage n'existeraient plus.


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ACT THREE

ACTE III

Scène 1
{le palais}


Nitocris:
Alternate hopes and fears distract my mind,
My weary soul no rest can find.
Mu busy fancy now presents
A gracious scene: my son repents,
And God recalls his doom.

Now to false shame he quits his fears,
False courage takes, and madly dares
His impious feast resume:
Then arms and dying groans resound,
And streams of blood gush out around.

Alternate hopes and fears distract my mind,
My weary soul no rest can find.

Fain would I hope - it cannot surely be.

Nitocris:
L'espoir et la crainte s'emparent tout à tour de mon esprit,
mon âme lasse ne trouve point de repos.
Mon imagination s'agite et me présente maintenant
une scène gracieuse: mon fils se repent,
et Dieu révoque sa sentence.

Mû par une fausse honte, il abandonne ses craintes,
puis, animé par un courage malsain, il ose dans sa folie
reprendre son impie festin:
les armes et les râles d'agonie résonnent,
et des flots de sang jaillissent tout autour.

L'espoir et la crainte s'emparent tout à tour de mon esprit,
mon âme lasse ne trouve point de repos.

Je voudrais bien espérer - Tout cela ne
doît être qu'illusion.


Daniel:
Oh that it could not ! but if I may judge
The future by the past, it were vain flatt'ry
To bid you hope fot his concersion.

Can the black Aethiop change his skin ?
His native spots the leopard lose ?
Then may the heart obdur'd in sin
Grow soft, repent, and virtue choose !

Threats or advice but move disdain,
And signs and wonders glare in vain.

Can the black Aethiop...

Daniel:
Ce n'est qu'illusion ! Mais si je juge
de l'avenir d'après le passé, ce serait vaine flatterie
que de vous laisser espérer sa conversion.

Le noir Ethiopien peut-il changer de peau ?
Le léopard perdre ses taches native ?
Le coeur d'un homme endurci par le péché
peut-il s'adoucir, se repentir, et choisir la vertu ?

Menaces et conseils ne suscitent que dédain,
signes et merveilles apparaissent en vain.

Le noir Ethiopien...


[entre Arioch]

Nitocris:
My hopes revive - here Arioch comes: By this
'Tis plain the revels are broke up. Say, Arioch,
Where is the king ?

Nitocris:
Mes espoirs renaissent - voici Arioch:
il est clair que les fêtes se terminent. Dis-moi, Arioch,
où est le roi ?


Arioch:
When you had left the room,
A while deep silence reign'd; the king sat pensive,
As doubting whether to break up the banquet,
Or to continue. At length some parasites,
Those insects vile that still infest a court,
Began to minister false comfort to him.
With this, again
They sat them down to drink: the bowl wen round:
The king forgot his fears, the wine inspir'd him,
And he blasphem'd again. Not long we sat,
When from without the gates a noise tumultous
Was heart, loud shouts and cries, and clashing arms.
The king deputed some to learn the cause.
I gladly seiz'd the opportunity,
And fled a place to swift destruction domm'd.

Arioch:
Lorsque vous avez quitté la salle,
un profond silence a régné pendant un temps; le roi
resta assis, pensif,
ne sachant s'il devait interrompre le banquet
ou le poursuivre. A la longue quelques parasites,
ces vils insectes qui infestent toujours la cour,
commencèrent à lui administrer un faux réconfort.
Sur quoi, à nouveau,
ils s'assirent et se mirent à boire: le coupe repassa;
le roi oublia ses craintes, le vin l'inspira,
et il blasphéma encore. Nous n'étions assis que depuis peu,
quand à l'extérieur des portes un bruit tumultueux
se fit entendre, des cris et des clameurs, puis le fracas des armes.
Le roi dépêcha un homme pour en connaître la cause.
Je m'empressai de saisir l'occasion
pour fuir un lieu voué à une prompte destruction.


[entre un messager]

Messenger:
All's lost ! - the fate of Babylon is come !
Cyrus is here - ev'n within the palace !

Nitocris:
Cyrus ! - impossible !

Messager:
Tout est perdu ! - Le destin de Babylone s'accomplit !
Cyrus est ici - et même dans le palais !

Nitocris:
Cyrus ! - Impossible !


Messenger:
It is too true; -
A tumult heard without, the gates unbarr'd,
Disclos'd a dreadful scene: the guards o'erpow'rd
By number far superior, fell before them
With faint resistance. The victorious foe
No sooner saw the gates set open wide,
But rush'd at once, and easy entrance gain'd.

Messager:
Ce n'est que trop vrain; - après le tumulte entendu au dehors, les portes ouvertes
dévoilèrent une scène effroyable: les gardes submergés
par un nombre de guerriers bien supérieur tombèrent devant eux
sans guère de résistance. L'ennemi victorieux
avait à peine vu les portes grand ouvertes
qu'il se précipita aussitôt, et pénétra facilement.


Chorus of Jews:
Bel boweth down ! Nebo stoopth !
How is Sesach taken !
And how is the praise of the whole earth surpris'd !
Thy counsel stands, oh Lord !
And thou dost all thy Pleasure !

Choeur des Juifs:
Bel s'incline ! Nebo s'effondre !
Et maintenant Sésach est pris !
Comment la gloire du monde entier
s'est-elle fait surprendre !
Ton dessein s'impose, ô Seigneur !
Et tu fais tout ce qu'il te plaît !


Scène 2
Belshazzar, ses seigneurs, et d'autres Babyloniens, l'épée dégainée

Belshazzar:
I thank thee, Sesach: thy sweet pow'r
Does to myself restore.
Thy plenteous heart-inspiring juice
All my courage lost renews.
I blush to think I shadows fear'd -
Cyrus, come on ! I'm now prepar'd.

Belshazzar:
Je te remercie, Sésach: ton doux pouvoir
me rend à moi-même.
Ton abondant et cordial breuvage
renouvelle tout mon courage perdu.
Je rougis de penser que j'ai pu craindre des ombres -
Cyrus, viens ! Je suis maintenant prêt.


[ils sortent à la rencontre de Cyrus]

Une symphonie martiale
[pendant laquelle il faut se représenter une bataille qui voit périr Belshazzar et sa suite]

Scène 3


Gobrias:
To pow'r immortal my first thanks are due;
My next, great Cyrus, let me pay to you,
Whose arm this impious king laid low,
The bitter source of all my woe.
Tears, sure, will all my life employ !
E'en now I weep, but weep for joy.

Gobrias:
Au pouvoir immortel mes premiers remerciements sont dus;
Ensuite, ô grand Cyrus, je les présente à vous,
dont le bras a abattu ce roi impie,
source amère de tout mon malheur.
Je verserai des larmes sûrement toute ma vie !
Je pleure à présent - mais des larmes de joie.


Cyrus:
Be it thy care, good Gobrias, to find out
The queen, and that great Jew, of whom thou told'st me.
Guard them in safety hither; if harm befal them
I shall repent, and curse my victory.

Cyrus:
Prends soin, mon bon Gobrias, d'aller trouver
la reine, et ce noble Juif dont tu m'as parlé.
Garde-les en sécurité ici; s'il leur arrivait malheur,
je m'en repentirais, et maudirais ma victoire.


[Gobrias sort]

Cyrus:
Destructive War, thy limits know;
Here, tyrant Death, thy terrors end.

To tyrants only I'm a foe,
To virtue and her friends, a friend.

Destructive War...

Cyrus:
Guerre destructrice, connais tes limites;
ici, mort tyrannique, se termine ta terreur.

Des tyrans seuls je suis l'ennemi,
de la vertu et ses amis, je suis l'ami.

Guerre destructrice


[Gobrias entre à nouveau, avec Nitocris, Daniel et des Juifs]

Duo

Nitocris:
Great victor, at your feet I bow,
No more a queen, - your vassal now !
My people spare ! forgive my fears,
I mourn a son, indulge my tears,
Resistless nature bids them flow.

Cyrus:
Rise, virtuous queen, compose your mind,
Give fear and sorrow to the wind.
Safe are your people if they will;
Be still a queen, a mother still:
A son in Cyrus you shall find.

[to Daniel]
Sat, venerable prophet, is there aught
In Cyrus' pow'r which he can oblige
Thee, or thy people ?

Duo

Nitocris:
Grand vainqueur, à vos pieds je m'incline,
non plus en reine, - je suis votre vassale désormais !
Epargnez mon peuple ! Pardonnez mes craintes,
je pleure un fils, excusez mes larmes,
dont le flot est irrépressible.

Cyrus:
Levez-vous, reine vertueuse, et reprenez vos esprits,
laissez vos craintes et vos regrets au vent.
Votre peuple est sauf s'il le veut;
soyez encore reine, encore mère:
vous trouverez en Cyrus un fils.

[à Daniel]
Dis-moi, vénérable prophète, n'y a-t-il rien
dans le pouvoir de Cyrus qui lui permette de t'aider,
toi et ton peuple ?


Daniel:
Oh, victorious prince !
The God of Israel, Lord of heav'n and eart,
Long ere thy birth, foretold thee by thy name,
And shew'd thy conquest; 'tis to him thou ow'st,
To him thou must ascribe them. Read those lines,
The great predictions which thou hast already
In part accomplish'd, and, we trust, will soon
Fulfil the rest.

Daniel:
Ô prince victorieux !
Le Die d'Israël, Seigneur du ciel et de la terre,
bien avant que tu ne sois né, avait prédit ta venue
en t'appelant par ton nom
et prévu tes conquêtes; à lui tu les dois,
à lui il te faut les attribuer. Lis ces lignes,
la grande prédiction que tu as déjà
en partie accomplie et dont bientôt, nous le croyons,
tu rempliras la suite.


Soli & Chorus:
Tell it out among the heathen,
That the Lord is King.

Solistes et Choeur:
Dites-lui parmi les païens,
que le Seigneur est roi.


Cyrus:
Yes, I will build thy city, God of Israel:
I will release thy captives, not for price,
Not for reward, but to perform thy pleasure.
Yhus prostrate I confess, Thou art the Lord,
There is none else, there is no God beside thee.
Thou condescendest to call me thy shepherd,
And I will feed thy flock. To me Thou hast giv'n
The kingdoms of the earth; and I suffer
Thy kingdom to lie waste, Thy chosen people
In exile and captivity to wander ?
Far be from Cyrus such ingratitude !
Hear, charg'd me to rebuild his house and city,
And let his exil'd captive people go.
With transport I obey ! Be free, ye captives,
And to your native land in peace return.
Thou, oh Jerusalem, shalt be laid.
No thanks to me; to God return your thanks,
As I do mine: we all are ti his goodness
Indebted deep: to Him be all the praise.

Cyrus:
Oui, je reconstruirai ta cité, Dieu d'Israël:
je libérerai tes captifs, non pour un prix,
non pour une récompense,
mais pour exécuter ta volonté.
Ainsi prosterné, je proclame que Tu es le Seigneur;
il n'en est point d'autre, il n'est de Dieu que toi.
Tu condescends à m'appeler ton berger,
et je veillerai sur ton troupeau. Tu m'as donné
les royaumes terrestres; pourrai-je souffrir
que ton royaume gise dévasté, que ton peuple élu
erre en éxil et en captivité ?
Loin de Cyrus une telle ingratitude !
Ecoute, peuple saint ! Ecoutez, élus de Dieu !
Le Dieu d'Israël (lui seul est Dieu)
m'a chargé de rebâtir sa demeure et sa cité,
et de libérer son peuple captif en éxil.
J'obéis avec joie ! Soyez libres, ô captifs,
et à vos terres natales retournez en paix.
Toi, ô Jérusalem, tu seras reconstruite;
ô Temple, tes fondations seront posées.
Ne me remerciez pas; rendez grâce à Dieu,
comme je le fais moi-même; pour sa bonté nous
lui devrons beaucoup: qu'à Lui reviennent
toutes les louanges.


Anthem

Daniel:
I will magnify thee, oh God my king !
And I will praise thy name for ever and ever.

Daniel, Nitocris & Chorus:
My mounth shall speak the praise of the Lord,
And let all flesh give thanks
Unto his holy name for ever and ever.
Amen.

Daniel:
Je te magnifierai, ô Dieu mon roi !
Et je louerai ton nom à jamais.

Daniel, Nitocris et Choeur:
Ma bouche dira les louanges du Seigneur;
que toute la création rende grâce
à son saint nom à jamais.
Amen.

FIN DE L'ORATORIO
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George Frederick HAENDEL

 

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